Nestlé utilise des procédés illégaux sur ses eaux minérales depuis 15 ans, d’après Mediapart

Illustration. Une bouteille d'eau minérale. ADN
Selon Mediapart, Nestlé Waters aurait recours à des méthodes illégales pour purifier ses eaux pendant au moins 15 ans. Face à ces allégations, une enquête préliminaire pour tromperie a été lancée par le parquet d'Épinal. Quelles seront les conséquences de cette affaire pour le groupe ?
TL;DR
- Nestlé Waters accusé d’utiliser des traitements interdits pour ses eaux minérales.
- Le groupe aurait engrangé plus de trois milliards d’euros grâce à cette pratique.
- Nestlé Waters réfute fermement ces accusations.
Des traitements interdits pour épancher la soif de Nestlé
Revoilà à nouveau Nestlé Waters sous les feux de l’actualité, cette fois-ci pour une affaire de taille, exposée jeudi par Mediapart. Le géant suisse est accusé d’avoir utilisé pour ses trois eaux minérales vosgiennes – Vittel, Contrex et Hépar – des procédés interdits pendant au moins une quinzaine d’années.
Un gain supposé de trois milliards d’euros
Prenant appui sur un rapport du service de la répression des fraudes, Mediapart estime que ce tour de passe-passe aurait engrangé au groupe la rondelette somme de trois milliards d’euros. Une estimations basée sur la « différence de chiffre d’affaires réalisée en vendant ces produits en eau minérale naturelle au lieu d’eau rendue potable par traitement ».
🔴#Eaux Le rapport des enquêteurs cité par @Mediapart confirme ce que nous suspections avec notre plainte : une fraude massive organisée par Nestlé depuis de nombreuses années sans jamais informer les consommateurs. Nous demandons au + vite l'ouverture d'1 information judiciaire https://t.co/TyOd81xG18
— foodwatch France (@foodwatchfr) July 18, 2024
Riposte de Nestlé Waters
« Nous réfutons fermement le mode de calcul et le chiffrage relayés par Mediapart« , a rétorqué la filiale française du groupe suisse. Nestlé Waters est d’ores et déjà sous le coup d’une enquête préliminaire menée par le parquet de Épinal pour tromperie.
Soupçons de traitements illégaux
Au cœur du débat, l’usage présumé de traitements illégaux pour purifier les eaux du groupe. En effet, fin janvier, Nestlé Waters a admis avoir utilisé des systèmes de désinfection interdits (lampe UV, charbon actif) pour garantir la « sécurité alimentaire » de ses eaux vosgiennes. Face à ces allégations, l’ONG Foodwatch, porteuse de plainte dans ce dossier, exige que « la justice pénale avance ».
Curieusement, ce n’est pas un cas isolé. Près de « 30% » des marques d’eau conditionnée en France subissent des traitements non conformes, relève une mission de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Des pratiques qui seraient « délibérément dissimulées ». Nestlé a contacté les autorités en 2021 pour régulariser la situation et affirme avoir « retiré les traitements en question ». Faut-il y voir un aveu déguisé? L’histoire le dira.