Monnaie : Bientôt, un euro numérique ?

La Banque centrale européenne a annoncé le lancement d'une phase préparatoire de deux ans pour décider ou non de la création de l'euro numérique.

Image d'un registre numérique montrant la transparence à travers des transactions de cryptomonnaie avec des détails comme le temps et les montants.
Image d'illustration. Registre numérique des transactions cryptographiques — ADN

Et si des euros numériques venaient concurrencer les cryptomonnaies ? Mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé le lancement de « la phase préparatoire » de ce projet, et elle doit durer deux ans.

Il ne s’agit donc pas d’une autorisation, d’une approbation. Seulement, de l’ouverture d’une période de tests. Dans un communiqué, la présidente de la BCE Christine Lagarde annonce : « Nous devons préparer notre monnaie pour le futur ».

Euro numérique, c’est quoi ?

Ainsi, cette monnaie numérique a été imaginée comme une réponse à la dématérialisation croissante des paiements et aux cryptomonnaies. L’argent liquide représente moins de la moitié (42%) des transactions effectuées par les consommateurs de la zone euro en 2022, contre 54% en 2016.

Attention, il n’est pas question de substituer une monnaie numérique à l’argent liquide, mais plutôt de faire coexister ces deux formes. Cette monnaie virtuelle serait utilisée comme plate-forme permettant aux intermédiaires financiers européens d’offrir des services de paiements disponibles à l’intérieur de la zone euro.

Un processus législatif à terminer

Elle constituerait une alternative sur un marché européen des paiements par carte dominé par Visa et Mastercard. Et là où elle se démarque des cryptomonnaies, c’est qu’elle pourra être utilisée partout dans la zone euro, et en magasin, en ligne ou dans le cadre de transactions entre particuliers.

Mais avant cela, il y a un processus législatif à terminer. En d’autres termes, lorsque les autorités européennes, Parlement, Commission, Conseil, Eurogroupe, se seront prononcés sur le statut de cet euro numérique.

La question de l’accès aux données

Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, estime pour sa part que l’idée d’un euro numérique se fonde aussi sur des défis relatifs à la souveraineté en ce sens que la monnaie conforterait « l’efficacité des paiements européens et contribuerait à l’autonomie stratégique de l’Europe ».

Et aux internautes s’étant interrogé sur la confidentialité de cette future monnaie, la Banque centrale européenne garantit qu’elle n’aurait pas accès aux données à caractère personnel. En revanche, l’anonymat ne sera pas identique à celui que confère l’argent liquide pour des raisons de combat contre la criminalité financière.

Jérôme Nelra

Spécialiste Économie

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