Quels pays ont déjà adopté l’euro, et lesquels attendent encore de franchir le pas ?

Image d'illustration. Poignée de pièces en euros sur une table en boisADN
Depuis l’introduction de la monnaie unique, plusieurs États européens ont adopté l’euro tandis que d’autres attendent encore de rejoindre la zone euro. Tour d’horizon des pays qui utilisent déjà l’euro et de ceux qui aspirent à le faire.
Tl;dr
- Vingt pays de l’UE utilisent l’euro, bientôt vingt et un.
- Six États membres restent hors zone euro, pour divers motifs.
- Le Danemark dispose d’une exemption permanente depuis Maastricht.
Une Europe monétaire à deux vitesses
L’adoption de l’euro ne s’est jamais faite de façon homogène au sein de l’Union européenne. Si aujourd’hui vingt pays — bientôt vingt et un avec la future adhésion de la Bulgarie en 2026 — partagent la monnaie unique, six États membres restent à l’écart, chacun pour des raisons spécifiques. Cette diversité rappelle que l’intégration européenne n’avance pas toujours d’un même pas.
L’histoire d’une monnaie unique progressive
Remontons un instant à la source : c’est au Conseil européen de Maastricht, en décembre 1991, que fut adopté le texte fondateur du nouvel ordre monétaire européen, communément désigné comme le nouveau traité sur l’Union européenne.
Les bases juridiques y sont posées pour permettre la création de l’euro, qui fait son apparition dans les transactions électroniques dès le 1er janvier 1999. Cependant, il faudra attendre trois années supplémentaires pour voir circuler billets et pièces remplaçant les monnaies nationales de douze États pionniers : Allemagne, France, Italie, Espagne, Autriche, Belgique, Finlande, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg, Portugal, et Grèce. Par la suite, huit autres nations viendront étoffer ce cercle jusqu’à la récente adhésion de la Croatie, début 2023.
Sous quelles conditions intégrer la zone euro ?
Au fil des années, plusieurs élargissements ont été observés. Néanmoins, certains pays membres n’ont toujours pas franchi le cap. Pour cinq d’entre eux — la République tchèque, la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, et la Suède — le verdict est sans appel : ils ne répondent pas aux critères économiques stricts exigés. Ces exigences incluent notamment :
- Stabilité des prix
- Santé des finances publiques
- Taux d’intérêt alignés sur ceux de la zone euro existante
- Maitrise du taux de change national
Quant au cas danois, il détonne. Dès le référendum sur Maastricht en 1992, les citoyens ont refusé d’abandonner leur couronne. Depuis lors, leur position reste inchangée : une exemption leur a été accordée et toute idée d’entrée dans la zone euro rencontre encore aujourd’hui une franche hostilité populaire.
Bref retour sur les choix souverains et les exceptions historiques
Enfin, il faut rappeler que certains États comme le Royaume-Uni — avant même le Brexit — avaient déjà décliné l’offre de rejoindre cette aventure monétaire commune. Preuve s’il en fallait que, dans une Europe aux multiples visages, chaque nation avance selon sa propre histoire et ses propres convictions.