En bref
- Mark Zuckerberg promet une IA personnelle capable de tout faire à la place de chacun.
- Mais Meta peine encore à convaincre face à la concurrence et à cause de son image.
- La promesse reste ambitieuse, mais la technologie est encore peu accessible et très incertaine.
La promesse est ambitieuse. Le problème, c’est que pas mal de monde n’a tout simplement plus envie de croire Mark Zuckerberg sur parole.
Dans le podcast Equity de TechCrunch, Kirsten Korosec, Rebecca Bellan et Anthony Ha ont longuement décortiqué le manifeste de 6500 mots publié par le patron de Meta. Il y décrit un futur où chacun disposerait d’un agent personnel très capable, capable de comprendre ses objectifs, ses priorités et ce qui compte pour lui. Sur le papier, c’est un futur dopé à la personnalisation. Dans la vraie vie, la réception est beaucoup plus froide.
Le vrai frein, c’est d’abord Mark Zuckerberg
Pour Rebecca Bellan, l’idée d’émancipation personnelle défendue par Mark Zuckerberg passe mal surtout à cause de celui qui la porte. Elle rappelle que l’ère des réseaux sociaux avait déjà été vendue comme un moyen de connecter les gens. Résultat, selon elle, on a surtout récolté du ragebait et de la publicité, pas la connexion promise.
Même constat chez Kirsten Korosec, qui estime que le texte n’a pas trouvé le bon ton. Leur collègue Russell Brandom, spécialiste IA, va encore plus loin et juge que ce genre de manifeste illustre précisément pourquoi tant de gens rejettent aujourd’hui l’IA.
Meta cherche encore sa place dans la course à l’IA
Il y a aussi un enjeu très stratégique. Anthony Ha note que Meta a énormément investi dans l’IA, y compris via des recrutements très coûteux de chercheurs. Pourtant, quand on parle des labos en pointe ou des assistants IA que le grand public utilise spontanément, Meta n’est pas le premier nom qui vient.
Oui, les outils IA de Meta sont présents dans Facebook et Instagram. Mais l’entreprise n’est pas encore identifiée comme la marque vers laquelle on se tourne naturellement pour un assistant personnel. Ce manifeste ressemble donc aussi à une tentative de reprendre du terrain. Et ça se voit un peu.
Une promesse très large, mais un produit encore peu accessible
Rebecca Bellan résume la vision de Meta comme une IA personnelle capable de gérer un agenda, rédiger des messages, ranger des fichiers et fonctionner partout, y compris hors ligne, grâce au modèle Glimmer. En parallèle, Muse Spark permettrait à Meta de garder la main sur ses modèles les plus puissants, tout en ouvrant une source de revenus pour les usages à plus grande échelle.
Mais quand elle a voulu essayer cette technologie, elle s’est heurtée à une limite très simple, il faut un matériel spécifique. Pas exactement la définition d’un service accessible à tous. Comme le dit Kirsten Korosec, ce n’est pas pour tout le monde. Pas encore.
Entre optimisme total et inquiétudes sur les coûts
Le contraste avec Dario Amodei, patron d’Anthropic, revient souvent dans la discussion. Là où certains acteurs du secteur parlent sécurité, ralentissement et prudence, Mark Zuckerberg tient une ligne beaucoup plus offensive, au point d’apparaître, selon Rebecca Bellan, presque comme un anti-Dario. Son idée est claire, ne pas ralentir, notamment face à la concurrence chinoise.
Anthony Ha reconnaît quand même un point intéressant dans le texte, quand Zuckerberg demande en substance : « Si vous pensez que l’IA va produire un tel futur, pourquoi la construisez-vous ? ». Mais pour le reste, beaucoup de promesses paraissent trop abstraites, et les exemples concrets ne font pas tous envie. Quand une vision de l’avenir déclenche surtout des doutes, c’est que le bug n’est pas seulement technique.