L’intelligence artificielle va-t-elle bouleverser l’emploi public ? Zoom sur les professions les plus exposées

Image d'illustration. Robot intelligence artificielle et téléphoneADN
L’arrivée massive de l’intelligence artificielle dans les administrations soulève des inquiétudes quant à la pérennité de nombreux emplois. Plusieurs métiers des services publics se retrouvent aujourd’hui en première ligne face à l’automatisation croissante.
Tl;dr
- L’IA générative impactera 36 % des emplois publics.
- 22 % des postes verront leurs missions « augmentées » par l’IA.
- 7,5 % pourraient être totalement automatisés.
L’IA générative bouscule le secteur public mondial
L’irruption de l’intelligence artificielle générative dans le monde du travail s’annonce bien plus qu’un simple phénomène de mode. Selon une récente analyse menée par le cabinet de conseil Roland Berger, les effets à attendre dans le secteur public mondial sont considérables. Le rapport, publié le 19 septembre 2025, estime que pas moins de 36 % des emplois publics – soit environ 125 millions d’équivalents temps plein à l’échelle internationale – seront confrontés à des évolutions majeures dans les prochaines années.
Des métiers « augmentés » et transformés en profondeur
D’après l’étude, il convient de distinguer deux grandes catégories d’impacts. Premièrement, autour de 22 % des postes pourraient bénéficier d’une forme d’« augmentation », c’est-à-dire une transformation du contenu du travail plutôt qu’une disparition pure et simple. L’introduction de l’IA ouvrirait la voie à l’apparition de nouvelles missions ou à la délégation de certaines tâches périphériques. Les fonctions les plus susceptibles d’être concernées ? L’administration générale, la gestion des relations publiques ou encore l’enseignement. Prenons par exemple les douaniers, secrétaires juridiques ou agents fiscaux : ceux-ci pourraient prochainement compter sur l’aide algorithmique pour mieux détecter la fraude fiscale.
L’automatisation totale, une réalité pour certains métiers
Toutefois, un autre pan du secteur public ne sera pas épargné par la vague technologique. Près de 7,5 % des emplois – principalement des tâches bureautiques comme assistants administratifs, secrétaires ou agents en centres d’appels – présentent un risque réel d’automatisation complète. Pour ces profils aux missions répétitives et faiblement complexes, les capacités actuelles de l’IA semblent déjà suffisantes pour remplacer tout ou partie des activités.
Inégalités et défis humains en perspective
Cette mutation ne touchera cependant pas toutes les professions à parts égales. Les métiers liés à l’aide à la personne devraient rester relativement protégés, grâce à leur dimension humaine difficilement substituable. Face à ces bouleversements attendus, Roland Berger invite les autorités publiques à réfléchir sans tarder à la reconversion professionnelle des agents concernés : repositionnement sur des tâches nécessitant plus d’interactions humaines ou développement de nouvelles compétences. Les enjeux dépassent donc largement le cadre technologique et appellent une adaptation profonde du monde du travail public face au déferlement annoncé de l’IA générative.