La CFDT réclame d’urgence l’ouverture de discussions sur l’impact de l’IA dans le monde du travail

Image d'illustration. Intelligence artificielle 1ADN
Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle et à ses répercussions sur le monde du travail, la CFDT réclame l’ouverture rapide de discussions entre partenaires sociaux pour anticiper les transformations et protéger les droits des salariés.
Tl;dr
- L’IA transforme emplois et métiers en entreprise.
- Dialogue social sur l’IA jugé « urgentissime » par la CFDT.
- Grandes entreprises françaises annoncent des suppressions de postes liées à l’IA.
L’IA, catalyseur d’incertitudes sociales et économiques
Au fil des annonces successives, la montée en puissance de l’intelligence artificielle s’impose comme un tournant majeur pour le monde du travail en France. Tout récemment, deux géants nationaux ont donné le ton : la Société Générale, qui prévoit la suppression de 1 800 postes d’ici fin 2027 afin d’« automatiser davantage et renforcer l’usage de l’intelligence artificielle », mais aussi Capgemini, qui a évoqué jusqu’à 2 400 suppressions pour accompagner sa « transformation face aux mutations technologiques, notamment liées à l’IA ».
La nécessité d’un vrai débat social
Face à ce contexte, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, sonne l’alarme : il serait selon elle « urgentissime d’en faire un objet central de dialogue social dans les entreprises ». Invitée sur France Inter, elle nuance fermement les idées reçues. Pour elle, « ce n’est pas l’IA qui supprime des emplois, ce sont les entreprises qui choisissent – souvent dans un réflexe pavlovien – de rechercher des gains de productivité ». À ses yeux, ce sont bien les organisations du travail qui façonnent cette transformation.
L’impact sur les métiers, au-delà des suppressions de postes
Loin de s’arrêter aux chiffres bruts, Marylise Léon estime que l’IA, déployée selon une logique du « fait accompli », modifie profondément tous les métiers. Si certains employeurs semblent réticents à engager une concertation sociale sur le sujet, elle souligne pourtant que cette technologie entraîne inévitablement :
- Créations d’emplois nouveaux ;
- Disparitions d’autres postes ;
- Métamorphose globale des missions existantes.
Il devient donc essentiel, affirme-t-elle, d’accompagner la transition pour éviter que tout se décide sans implication des salariés.
Aucune fatalité technologique : placer l’humain au cœur des mutations
Pour la première organisation syndicale française, il n’existe aucun « déterminisme technologique ». Selon sa dirigeante : « ce sont les choix collectifs dans les entreprises qui décident réellement du sort des travailleurs. La place de l’humain doit rester fondamentale et être discutée avec les représentants du personnel ». Dans une période où managers comme salariés oscillent entre crainte et attente quant à leur avenir professionnel, la question ne se résume plus à savoir si l’intelligence artificielle va transformer le travail… mais comment et avec qui ces changements seront décidés.