En bref
- L’ONU modernise l’accès à ses données statistiques grâce à l’IA.
- Un nouveau portail développé avec Google remplace l’ancien système UNData.
- L’objectif est de rendre les données onusiennes plus fiables et exploitables par les IA.
Les assistants IA répondent vite. Le souci, c’est qu’ils répondent encore trop souvent à côté quand il faut sortir un chiffre solide. C’est dans ce contexte que l’ONU a lancé un nouveau chantier avec Google, pour rendre ses grandes bases statistiques beaucoup plus faciles à interroger par des humains, mais aussi par des agents IA.
Pourquoi l’ONU accélère sur des données prêtes pour l’IA ?
Le signal d’alarme vient aussi de l’intérieur. UNICEF a testé six grands modèles de langage sur plus de 133.000 réponses portant sur des indicateurs de développement mondial. Score moyen, 21,2% seulement de réponses exactes. L’évaluation couvrait GPT-4o, GPT-4o-mini, Claude Sonnet 4.5, Claude Haiku 4.5, Gemini 2.5 Flash et Gemini 2.0 Flash.
Pas mal de réponses ne donnaient même pas de chiffre exploitable. Environ trois sur cinq, d’après João Pedro Azevedo, statisticien en chef de l’UNICEF. Et quand les mêmes questions étaient reposées deux jours plus tard aux mêmes versions des modèles, ceux qui donnaient bien un nombre les deux fois ne ressortaient exactement le même résultat qu’environ une fois sur deux.
Dans le même temps, le trafic venu des outils d’IA grimpe. Le site de données de l’UNICEF, qui dépasse six millions de visites mensuelles, a vu les clics provenant de réponses de ChatGPT bondir de 67% entre le 1er janvier et le 14 septembre sur un an. Ces visites représentent 6,4% des sessions, et l’agence estime que l’ensemble des assistants IA pèse désormais environ une visite sur dix.
Un nouveau portail qui remplace l’ancien système
La nouvelle plateforme s’appelle UN System Data Commons. Elle repose sur Data Commons, l’outil open source de Google, et remplace le portail UNData, plus classique dans son fonctionnement. Là où l’ancien système passait surtout par une navigation de base de données, le nouveau permet des recherches en langage naturel à travers les agences de l’ONU.
Autre point clé, la plateforme prend en charge le Model Context Protocol, ou MCP. Ce standard permet à des systèmes d’IA de se connecter directement à des sources de données externes.
Ce que l’ONU et Google veulent mettre en place d’ici 2027
Pour le démarrage, 26 entités de l’ONU se sont engagées dans le projet, avec des données provenant de près de 20 d’entre elles déjà disponibles au lancement. L’objectif affiché est d’intégrer 80% des jeux de données statistiques du système onusien d’ici 2027.
Google.org a apporté deux millions de dollars en financement, avec un soutien technique pour bâtir l’infrastructure centrale. Prem Ramaswamy, qui dirige l’équipe Data Commons chez Google, a précisé que l’instance est gouvernée par l’ONU et pensée pour être ensuite exploitée et développée de façon indépendante par elle.
Des usages plus puissants, mais pas en roue libre
Le système garde aussi la trace de l’origine de chaque statistique. Vous récupérez un chiffre via une IA, vous pouvez remonter jusqu’à la source onusienne. C’est clairement le minimum si l’on veut éviter les chiffres qui flottent sans contexte.
Lors d’une démonstration, Google a montré qu’un agent IA relié aux données de l’ONU via MCP pouvait assembler plusieurs indicateurs, produire des tableaux de bord, des graphiques et une analyse écrite sans que l’utilisateur aille chercher lui-même chaque jeu de données. Un exemple portait sur l’impact du programme américain PEPFAR en Afrique, à partir de statistiques sur les infections au VIH, la mortalité liée au sida et l’espérance de vie.
Mais la machine ne devient pas infaillible pour autant. Prem Ramaswamy a rappelé qu’un humain doit toujours vérifier les résultats avant de les citer ou de les publier. Résultat, des données plus propres pour l’IA, oui. Un pilote automatique, non.