Le trading s’invite dans les Cashtags de X

X lance aux États-Unis une fonction de trading via les Cashtags. Actions, ETF et cryptos peuvent désormais renvoyer vers des courtiers partenaires.

X (Twitter)
Image d'illustration. X (Twitter) — ADN

En bref

  • X permet désormais d’acheter des actions, ETF et cryptomonnaies directement depuis les Cashtags.
  • La transaction passe par des courtiers partenaires et reste pour l’instant limitée aux États-Unis.
  • Cette proximité entre réseaux sociaux et trading augmente aussi les risques de manipulation des marchés.

Passer d’un post sur une action à un ordre d’achat, c’est désormais possible sur X. Le réseau social détenu par Elon Musk a lancé aux États-Unis une évolution de ses Cashtags, avec une promesse simple, relier la conversation financière à un passage à l’acte beaucoup plus direct.

Le Cashtag change de dimension

Jusqu’ici, les Cashtags servaient surtout à repérer les discussions autour d’un titre boursier. Le principe ne date pas d’hier. Dès 2008, Stocktwits avait popularisé cette façon d’ajouter un signe dollar devant un code boursier sur l’ancêtre de X, alors encore appelé Twitter.

La différence, maintenant, est nette. Ces marqueurs ne mènent plus seulement vers des échanges entre utilisateurs. Sur X, les tickers d’actions, d’ETF et de cryptomonnaies deviennent des points d’entrée interactifs qui peuvent déboucher sur un achat. Ce n’est plus juste un thermomètre de la hype, c’est une porte vers le marché.

Comment se déroule un achat depuis X ?

Concrètement, un utilisateur qui touche un Cashtag compatible voit apparaître la courbe de prix de l’actif et les publications liées sur X. Un bouton Trade permet ensuite de poursuivre vers un intermédiaire partenaire.

La suite se joue hors de X, mais sans trop de friction. L’utilisateur se connecte à son compte chez le courtier choisi, sur application mobile ou sur site web, puis finalise l’ordre. X précise aussi qu’il est possible de rejoindre directement la plateforme d’un partenaire pour ouvrir un compte si besoin. Bref, le réseau social ne devient pas lui-même courtier, il raccourcit le chemin.

Les partenaires déjà en place

Pour ce lancement, plusieurs noms sont déjà annoncés. Côté courtage et finance, on retrouve Interactive Brokers et Moomoo. Pour les actifs numériques, Gemini, Kraken et Coinbase font partie des premiers partenaires.

Cette ouverture reste pour l’instant limitée aux utilisateurs américains. C’est un point important, parce que la fonction existe bien sur X, mais elle n’est pas présentée comme un déploiement mondial à ce stade.

Une nouveauté pratique, avec un risque évident

Ce lancement s’inscrit dans le virage financier pris par X avec X Money. Mridul Singhai, responsable de l’ingénierie produit chez X, explique que l’objectif est de supprimer l’écart entre un ticker vu dans le fil, son graphique en direct, les conversations associées et la possibilité de trader. Même idée du côté de Monique Pintarelli, responsable de la publicité mondiale chez SpaceXAI, qui met en avant une continuité plus fluide entre découverte, discussion et action.

Mais il y a un angle mort, et il n’est pas petit. En rapprochant encore plus les posts et le trading, X pourrait aussi faciliter les tentatives de manipulation menées par des bots pilotés par IA, des spammeurs ou d’autres acteurs malveillants. Le réseau n’a pas attendu cette nouveauté pour voir circuler des signaux douteux, mais là, la distance entre le bruit et l’ordre de marché devient franchement plus courte.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

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