En bref
- SK Hynix et Intel envisagent de produire des puces mémoire aux États-Unis, notamment dans l’Ohio.
- Le projet s’inscrit dans la course aux puces pour l’IA et la volonté américaine de relocaliser la production industrielle.
- Plusieurs options sont étudiées, mais aucun accord définitif n’a encore été annoncé.
Un accord entre SK Hynix et Intel en Ohio, ce ne serait pas juste une ligne de plus dans un communiqué. Ce serait un vrai signal sur la bataille des semi-conducteurs, de l’IA et de la production industrielle aux États-Unis.
Un projet encore flou, mais très concret
D’après des informations rapportées par Reuters, le géant sud-coréen SK Hynix discute avec Intel pour fabriquer, pour la première fois, des puces mémoire RAM sur le sol américain.
Plusieurs scénarios sont sur la table. L’un d’eux passerait par la location d’un espace dans la future usine d’Intel en Ohio. Un autre irait plus loin, avec une coentreprise qui pourrait aussi intégrer des fournisseurs de services cloud. Pour l’instant, on ne sait pas quel type exact de puces mémoire serait produit là-bas si le dossier aboutit.
Pourquoi ce dossier compte autant maintenant ?
Le timing ne tombe pas par hasard. SK Hynix profite déjà à plein de la demande pour les puces HBM, ces mémoires à large bande passante devenues cruciales dans les centres de données dédiés à l’IA.
Et il y a le contexte américain. Alors que la pénurie mondiale de puces continue de peser, l’administration de Donald Trump pousse pour renforcer la production locale. La Maison Blanche a indiqué en janvier qu’elle pouvait élargir les droits de douane sur les importations de semi-conducteurs, tout en accordant des allégements aux groupes qui investissent sur place. Clairement, produire aux États-Unis n’a jamais autant ressemblé à un levier stratégique.
SK Hynix avance déjà ses pions aux États-Unis
Ce possible projet en Ohio ne sortirait pas de nulle part. SK Hynix construit déjà à West Lafayette, dans l’Indiana, un site de recherche et d’assemblage avancé pour puces d’IA, pour 3,8 milliards de dollars.
La production de masse n’y est pas attendue avant 2029. L’usine doit utiliser des wafers DRAM fabriqués en Corée du Sud, puis les transformer en puces HBM. Sur le projet avec Intel, l’entreprise reste prudente et explique qu’elle étudie plusieurs options pour renforcer sa compétitivité mondiale, sans avoir arrêté de plan précis à ce stade.
Des obstacles politiques possibles des deux côtés
Mais le dossier pourrait grincer à Séoul. Le gouvernement sud-coréen considère que la décision reviendrait à SK Hynix, tout en rappelant qu’un projet impliquant des technologies stratégiques pourrait déclencher un examen officiel au titre de la loi sur les transferts sensibles vers l’étranger.
En juillet, le président du groupe SK, Chey Tae-won, avait déjà soutenu l’idée de construire des usines aux États-Unis si cela restait faisable, en plus des implantations prévues dans la région de Honam, en Corée du Sud. Le même mois, SK Hynix a coté ses ADR au Nasdaq, élargissant son accès aux investisseurs américains.
Les deux groupes se connaissent déjà. En 2020, Intel a vendu à SK Hynix son activité de mémoire flash NAND pour 9 milliards de dollars. Cette fois, le terrain est plus sensible. Et pas seulement sur le plan industriel.