En bref
- Le paiement mobile UPI ne sera plus totalement gratuit pour les commerçants.
- Une commission de 0,4% s’appliquera à certains paiements supérieurs à 2000 roupies.
- National Payments Corporation of India (NCPI) veut financer le coût du réseau, notamment la cybersécurité, la lutte contre la fraude et son développement dans les zones rurales.
En Inde, payer en scannant un QR code est devenu un réflexe. C’est justement pour ça que le changement annoncé par NPCI, l’opérateur du réseau UPI, pèse lourd. En août seulement, le système a traité 24,51 milliards de transactions, pour un total de 29,9 billions de roupies, soit 312 milliards de dollars.
UPI reste gratuit pour les clients, pas pour tous les commerçants
À partir du 15 octobre 2026, UPI (Unified Payments Interface) appliquera un frais marchand de 0,4% sur certains paiements supérieurs à 2.000 roupies, soit 21 dollars. Les consommateurs, eux, continueront d’utiliser le service sans frais, selon NPCI.
Le dispositif prévoit aussi des garde-fous. Les paiements de 2000 roupies ou moins resteront gratuits pour les commerçants. Même logique pour les petits marchands qui encaissent jusqu’à 100.000 roupies par mois via UPI, soit 1041 dollars, eux aussi exemptés.
Pour les montants élevés, le coût est plafonné à 300 roupies à partir de 75.000 roupies, soit 783 dollars. NPCI précise aussi que les commerçants n’auront pas le droit de répercuter ce frais sur le client final.
Pourquoi New Delhi change enfin de modèle ?
Le vrai sujet, c’est la fin d’une parenthèse ouverte en janvier 2020. Depuis cette date, les commerçants pouvaient accepter les paiements UPI sans frais, une décision prise pour accélérer l’adoption. L’État indien compensait ensuite une partie des coûts supportés par les banques et les acteurs du paiement.
Mais à cette échelle, la facture grimpe vite. NPCI évalue le coût annuel du réseau à 200 milliards de roupies, soit 2,1 milliards de dollars, en incluant les serveurs, l’assistance technique, la cybersécurité et la lutte contre la fraude. Clairement, maintenir le zéro frais partout devenait difficile.
Le terrain avait d’ailleurs été préparé. En août, New Delhi a modifié sa loi sur les paiements pour autoriser des frais marchands sur certaines opérations UPI. Une notification publiée lundi a ensuite verrouillé un point clé, les banques ne peuvent pas facturer les paiements jusqu’à 2000 roupies.
Un test grandeur nature pour l’écosystème du paiement
Sur le papier, NPCI a limité le risque. Plus de 95% des transactions marchandes sur UPI restent sous le seuil de 2.000 roupies en volume. Bref, l’immense majorité des petits paiements du quotidien ne bouge pas.
Reste la question qui compte vraiment pour la suite. Est-ce que les commerçants absorberont ce coût sur les achats plus élevés, ou pousseront-ils d’autres moyens de paiement, surtout dans les secteurs où les marges sont serrées ?
Une partie des recettes doit financer l’infrastructure, la cybersécurité, la prévention de la fraude, le service client, mais aussi un futur fonds destiné à développer les paiements numériques dans les petites villes et les zones rurales, avec la banque centrale indienne. Des groupes comme Paytm, Pine Labs, PhonePe ou Razorpay pourraient aussi y gagner. Et l’ancien conseiller économique Krishnamurthy Subramanian a rappelé que le débat ne se limite pas au coût unitaire d’un paiement, mais aussi aux bénéfices sociaux d’une infrastructure publique numérique.