Les soldes d’été se terminent en France avec des ventes en baisse de 5 % : quelles raisons expliquent ce bilan mitigé ?

Les soldes d’été viennent de s’achever en France avec un recul de 5 % des ventes en magasin par rapport à l’an dernier. Ce bilan mitigé interroge sur les causes de ce fléchissement constaté dans le commerce physique.

Gros plan de mains tenant des sacs de shopping remplis de bonnes affaires trouvées en magasin.
Image d'illustration. Gros plans des mains tenant des sacs de shopping — ADN

Tl;dr

  • Ventes en baisse de 5% durant les soldes d’été.
  • Canicule et concurrence du « fast-fashion » pointées du doigt.
  • Les professionnels réclament une réforme du dispositif.

Soldes d’été : un bilan en demi-teinte pour le commerce

Alors que la saison des soldes d’été s’achève ce mardi 22 juillet, commerçants et professionnels dressent un constat sans appel : l’événement, jadis incontournable, peine à retrouver sa dynamique. Si le secteur de l’habillement avait connu un début d’année encourageant, la parenthèse estivale n’aura pas suffi à relancer la machine, en particulier dans un contexte marqué par une météo extrême.

Un recul marqué, sauf à Paris

Selon les chiffres dévoilés par Retail Int. pour l’Alliance du Commerce, les ventes en magasin ont chuté de 5% sur les trois premières semaines des soldes par rapport à l’an passé.

Même tendance côté e-commerce : -3%. Seule exception notable, la capitale : après avoir souffert des préparatifs des Jeux olympiques plus tôt dans l’année, Paris a vu ses ventes rebondir de 3%, contrastant avec la morosité générale.

Météo et concurrence : les explications avancées

Pour expliquer cette baisse, plusieurs voix s’élèvent. D’abord celle de Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, qui invite toutefois à relativiser la tendance : sur le premier semestre 2024, le secteur affiche encore une progression de 1,7%. Il n’empêche : la canicule qui a accompagné le lancement des soldes fin juin aurait découragé bien des consommateurs. Comme en témoigne une commerçante parisienne interrogée par le Crocis : « A part un peu en matinée, on n’a eu quasiment personne les jours de canicule. »

Mais d’autres facteurs viennent s’ajouter :

  • Ventes privées, devenues monnaie courante et grignotant la clientèle habituelle.
  • Concurrence féroce du fast-fashion, incarnée notamment par Shein et Temu.

Bénédicte Gualbert, responsable au Crocis, observe que « les ventes privées s’inscrivent de plus en plus dans le paysage », au détriment de la fréquentation pendant les soldes.

L’appel au changement fait son chemin

Face à ce constat, certains représentants du secteur plaident pour une réforme. Pierre Talamon (Fédération nationale de l’habillement) suggère ainsi un décalage des dates des soldes « afin d’acheter mieux mais moins ». De son côté, Yann Rivoallan (Fédération française du prêt-à-porter féminin) désigne clairement « Shein, Temu » et espère voir rapidement entrer en vigueur la future « loi anti-fast-fashion », actuellement en discussion au Parlement.

Malgré tout, nombre de commerçants restent attachés à cette tradition commerciale qui continue, selon eux, d’offrir « un effet magique […] bien qu’émoussé par rapport à il y a quinze ans. » Une certitude demeure : l’heure semble venue pour le secteur d’inventer de nouveaux ressorts pour séduire à nouveau sa clientèle.

Jérôme Nelra

Spécialiste Économie

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Commerce E-commerce Soldes

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.