Le protoxyde d’azote pointé du doigt face à la hausse inquiétante des décès sur les routes françaises

Les accidents mortels sur les routes françaises sont en hausse, avec un nombre croissant de victimes. Le protoxyde d’azote, utilisé de façon détournée, est désormais identifié comme l’un des facteurs majeurs de cette recrudescence inquiétante.

Vue rapprochée d'une capsule de protoxyde d'azote scintillante sur une surface réfléchissante
Image d'illustration. Capsule de protoxyde d azote sur surface réfléchissante — ADN

Tl;dr

  • Mortalité routière en hausse, 3 513 décès en 2025.
  • Explosion des accidents liés au protoxyde d’azote.
  • Trottinettes et enfants davantage touchés par les drames.

Des chiffres en hausse qui inquiètent

Les routes françaises ont connu, en 2025, une nette dégradation de la situation. Selon les derniers chiffres dévoilés par la Sécurité routière, pas moins de 3 260 morts ont été recensés en métropole, soit une progression de 2,1 % par rapport à l’année précédente.

Outre-mer, le bilan s’alourdit également avec 253 décès (+6 %). En tout, ce sont donc 3 513 vies perdues à l’échelle nationale – un constat que n’a pas manqué de rappeler la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne. Cette dernière s’est dite profondément marquée par une année « assombrie par trop nombreux accidents ».

Protoxyde d’azote : un « fléau » sous surveillance

S’il reste vrai que les causes majeures d’accidents – comme l’alcool, la vitesse ou encore les stupéfiants – persistent, un nouvel ennemi occupe désormais le devant de la scène. Le « protoxyde d’azote », aussi appelé « gaz hilarant », est mis en cause dans une proportion croissante de drames sur la route.

La ministre parle ici d’une « réalité inadmissible » et promet que ce fléau fera l’objet d’une priorité gouvernementale pour l’année à venir. Elle estime même qu’il s’agit souvent d’accidents « évitables », soulignant ainsi la nécessité de renforcer les campagnes de prévention.

Nouvelles mobilités et usagers vulnérables en première ligne

En y regardant de plus près, le panorama des victimes évolue. Certes, les occupants des voitures de tourisme restent largement majoritaires (48 %, soit 1 563 tués), mais ce sont bien les nouvelles mobilités qui suscitent aujourd’hui le plus vif des débats. On observe une envolée inquiétante du nombre de décès parmi les utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPm), dont font partie les trottinettes électriques : 80 morts cette année, soit presque le double par rapport à 2024.

Parmi les autres catégories vulnérables :

  • 501 piétons, soit une augmentation notable (+45)
  • 234 cyclistes, également touchés (+10)

Fait plus rare : seule la mortalité des deux-roues motorisés recule avec 691 décès (-29).

Minesures démographiques et disparités géographiques

Le tableau se noircit également pour les plus jeunes : chez les enfants (0-13 ans), on compte douze décès supplémentaires ; chez les adolescents (14-17 ans), la hausse atteint +41. Paradoxalement, la tranche des jeunes adultes (18-24 ans) voit sa mortalité diminuer légèrement.

Autre enseignement : alors que l’insécurité progresse sur les routes hors agglomération (+57 morts) et sur autoroute (+24), elle recule en zone urbaine (-14). Un panorama qui incite à redoubler d’efforts pour enrayer cette nouvelle spirale mortifère du réseau routier français.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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