Le nombre de faillites d’entreprises a battu un record historique en France l’an dernier

L’année dernière, la France a connu une augmentation sans précédent des défaillances d’entreprise, atteignant un sommet historique. Ce phénomène met en lumière les difficultés économiques persistantes auxquelles sont confrontées de nombreuses sociétés à travers le pays.

Travaux burreaux entreprise
Image d'illustration. Transformation de bureaux en logements — ADN

Tl;dr

  • Défaillances d’entreprises françaises au plus haut depuis dix ans.
  • Hausse des radiations et tensions dans plusieurs secteurs clés.
  • Espoir de rebond pour 2026 malgré un contexte fragile.

Une accélération qui s’essouffle, mais un record persistant

Alors que la France enregistre un nouveau pic avec 68 564 défaillances d’entreprises sur l’année écoulée, le rythme de cette progression semble toutefois marquer le pas. Les chiffres publiés ce vendredi par la Banque de France indiquent une hausse de 3,5 % par rapport à 2024. Néanmoins, la tendance paraît se stabiliser depuis novembre : en effet, le nombre de défaillances n’a augmenté que marginalement (de 68 414 à 68 564) entre ces deux derniers mois.

Des secteurs et des tailles d’entreprises différemment exposés

La dynamique n’est cependant pas uniforme. Si certains pans de l’économie affichent une certaine résistance, les entreprises de taille intermédiaire, ainsi que les grandes structures, subissent une pression accrue. Au mois de décembre, 63 défaillances ont été enregistrées dans cette catégorie – un chiffre en hausse comparé aux 58 cas recensés en novembre. Parallèlement, les domaines des services aux entreprises, du transport ou encore de l’hébergement-restauration voient également leur situation se détériorer. Ailleurs, l’évolution reste globalement stable.

Facteurs structurels et conséquences sectorielles

Difficile d’ignorer les causes multiples qui pèsent sur le tissu entrepreneurial français : flambée des prix de l’énergie depuis 2022, intensification de la concurrence chinoise, climat politique incertain à partir du milieu de 2024… autant d’éléments qui fragilisent particulièrement certaines industries. De grandes enseignes comme Brandt, IKKS, ou encore Casa, ont récemment subi des liquidations judiciaires retentissantes. À cela s’ajoute un autre phénomène remarquable : selon les sociétés d’analyse AU Group et EY-Parthenon, « 457 000 radiations d’entreprises ont été enregistrées sur l’année, soit +50 % » par rapport à l’an passé – une envolée sans précédent.

Lueur d’espoir pour 2026 ?

Certains observateurs nuancent cependant ce tableau sombre. La forte augmentation du nombre total d’entreprises créées – plus de 1,16 million selon l’Insee, soit +4,9 % sur un an – vient compenser partiellement la vague des faillites et maintient le ratio global d’insolvabilité à niveau contenu. Plusieurs cabinets estiment qu’« une décélération des ouvertures de procédures collectives est amorcée ». Selon eux :

  • 2026 pourrait marquer le rebond pour les entreprises adaptatives.
  • Néanmoins, des « fragilités économiques et contraintes réglementaires demeurent ».

Enfin, il convient de rappeler que cette tendance ne concerne pas uniquement la France : la société d’assurance-crédit Coface anticipe une hausse mondiale des défaillances (+2,8 % attendus en 2026), tout en soulignant que certains secteurs restent sous tension notamment du fait du différentiel énergétique avec leurs concurrents internationaux.

L’espoir demeure donc modéré, mais bien réel : les entrepreneurs français pourraient entrevoir en 2026 une année enfin placée sous le signe du redressement… à condition sans doute que les vents contraires s’apaisent durablement.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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