L’avenir incertain pour Princesse tam tam et Comptoir des Cotonniers

Image d'illustration. Vue large d une boutique de vêtementsADN
L’avenir des enseignes françaises Princesse tam tam et Comptoir des Cotonniers suscite l’inquiétude. Ces marques emblématiques, connues pour leur lingerie et leur prêt-à-porter, font face à d’importantes difficultés qui pourraient compromettre leur pérennité.
Tl;dr
- Comptoir des Cotonniers et Princesse tam tam placées en redressement.
- Efforts de restructuration insuffisants face à la crise du secteur.
- Inflation et concurrence accélèrent la chute du prêt-à-porter.
Le secteur de l’habillement continue de vaciller
Difficile d’ignorer la vague qui submerge le prêt-à-porter français. Après les naufrages successifs de Camaïeu, Naf Naf ou encore IKKS, ce sont aujourd’hui deux enseignes emblématiques, Princesse tam tam et Comptoir des Cotonniers, qui se retrouvent dans la tourmente.
Fondées respectivement dans les années 1980 et 1990, ces marques spécialisées dans la lingerie et l’habillement féminin viennent d’être placées en redressement judiciaire, comme l’a révélé le site spécialisé Fashion Network.
Un contexte défavorable persistant
L’annonce n’est, hélas, pas une surprise pour les observateurs. Les difficultés financières ne cessent de s’aggraver depuis plusieurs mois. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, il ne subsiste désormais qu’« une centaine de boutiques Princesse tam tam et Comptoir des cotonniers en France et environ 500 salariés (chez) Fast Retailing France, incluant le siège ».
Ces chiffres illustrent une lente descente aux enfers pour les filiales françaises du groupe japonais Fast Retailing, propriétaire des deux marques via sa filiale hexagonale.
Tentatives de sauvetage restées sans effet
Pour tenter d’enrayer cette spirale, un vaste plan de sauvegarde avait été lancé dès juin 2023 : fermetures de magasins, suppressions massives de postes… Les coupes furent franches :
- Comptoir des Cotonniers : 28 points de vente fermés sur 67, 101 postes supprimés sur 272 CDI.
- Princesse tam tam : 27 boutiques fermées sur 69, 84 postes supprimés sur 235 CDI.
S’y ajoutait la suppression de 119 emplois au sein même de Fast Retailing France. Malgré ces mesures drastiques, la situation n’a cessé de se dégrader.
Lourde concurrence et environnement économique plombé
Au-delà des choix internes, plusieurs facteurs pèsent lourdement sur ce segment du marché : la pression constante exercée par la montée en puissance de la fast-fashion, l’explosion du marché de la seconde main, mais aussi un contexte marqué par l’inflation, les séquelles persistantes du Covid-19 ou encore l’envolée des coûts énergétiques. Résultat : pour nombre d’acteurs historiques comme ceux-ci, les perspectives s’assombrissent. La déclaration faite lors du précédent plan social résonne tristement aujourd’hui : « Aucune perspective de réelle reprise n’est envisagée ».
À travers cette nouvelle crise, c’est tout un pan du commerce textile français qui vacille – une situation qui pourrait bien durer si les fondamentaux économiques ne changent pas radicalement.