En bref
- Le français arrive troisième du classement
- Près de 275 millions de locuteurs
- L’espagnol pourrait le dépasser d’ici 2050
On l’entend souvent, le français reculerait partout. L’étude menée à l’INSEAD raconte pourtant autre chose, au moins pour l’instant, avec une langue qui reste installée à la troisième place mondiale derrière l’anglais et le mandarin.
Un podium qui bouscule l’idée d’un français en retrait
Le classement place donc l’anglais en tête, suivi du mandarin, puis du français. Ce n’est pas anodin. Dans le débat public, on parle beaucoup d’un affaiblissement du français à l’étranger. Là, le contraste saute aux yeux, puisque la langue de Molière conserve une place très élevée à l’échelle mondiale.
Cette position s’appuie sur une présence large, et pas seulement symbolique. L’étude estime que le français est parlé par près de 275 millions de personnes.
Pourquoi le français tient encore aussi haut
Ce volume de locuteurs ne tombe pas du ciel. L’un des moteurs mis en avant, c’est l’Afrique subsaharienne, où l’influence du français prend de l’ampleur. En gros, le centre de gravité de la langue ne se limite plus à l’Europe ou à la France elle-même.
C’est même ce qui rend le résultat intéressant. Le français garde du poids parce qu’il progresse dans des zones où la démographie joue fort. Vous avez donc une langue parfois jugée moins visible culturellement qu’avant, mais encore très solide par son ancrage géographique.
Un classement construit sur bien plus que le nombre de locuteurs
L’économiste Kai Chan, auteur de l’étude, a expliqué qu’il avait été difficile de trouver une méthode pour mesurer les langues. Après six mois de travail, il a retenu une grille fondée sur une vingtaine de critères.
Le nombre de personnes qui parlent une langue n’est donc qu’une partie de l’histoire. L’étude regarde aussi la force économique, la répartition géographique, l’attractivité culturelle et même le poids du tourisme. Dit autrement, il ne s’agit pas seulement de compter des locuteurs, mais d’évaluer la place réelle d’une langue dans le monde.
Ce que l’étude laisse entrevoir pour 2050
La troisième place du français n’est pas gravée dans le marbre. Kai Chan estime qu’à l’horizon 2050, d’après les indicateurs retenus, le français pourrait perdre un rang au profit de l’espagnol.
Mais, pour l’heure, les signaux restent solides. L’an dernier, le français était la deuxième langue la plus enseignée dans le monde, avec 125 millions d’élèves, derrière l’anglais. Il occupe aussi la quatrième place sur internet. Pas de quoi parler d’effacement immédiat, quand même.
Vos questions, nos réponses
Que mesure exactement ce classement ?
Il ne mesure pas seulement le nombre de locuteurs. L’idée est plus large, avec une tentative d’évaluer la puissance d’une langue dans la vie économique, culturelle et géographique. C’est ce qui explique qu’une langue puisse rester très bien classée même si sa perception publique est moins flatteuse.
Pourquoi l’Afrique subsaharienne compte-t-elle autant pour le français ?
Parce que la dynamique démographique y est forte et que le français y occupe une place importante dans plusieurs pays. Quand une langue progresse dans des régions jeunes et peuplées, son poids global augmente mécaniquement avec le temps.
Le français est-il vraiment en danger à court terme ?
Rien dans les éléments avancés ici ne va dans ce sens à court terme. La langue reste très enseignée, largement parlée et visible sur le web. Le vrai sujet, c’est plutôt sa capacité à conserver son rang sur plusieurs décennies.
Pourquoi l’espagnol pourrait-il passer devant ?
L’étude évoque cette possibilité à partir de ses indicateurs pour 2050. Cela veut dire que, sur la durée, l’équilibre entre démographie, diffusion internationale et influence pourrait évoluer en faveur de l’espagnol, sans que cela retire au français son importance actuelle.