En bref
- Le retardant est composé surtout d’eau.
- Il contient aussi des sels anti-feu.
- Son impact environnemental reste surveillé.
Le retardant rouge largué sur les grands incendies n’est pas un mélange mystérieux, même si sa formule exacte n’est pas publique. En France, un seul produit est aujourd’hui autorisé, le Firetrol 931, fabriqué par une société américaine.
Ces derniers jours, ce liquide a été utilisé alors que deux feux majeurs frappent le sud-ouest. En Gironde, un A400M militaire a été déployé samedi pour pouvoir larguer jusqu’à 20 tonnes de produit. L’incendie y a déjà détruit 30.000 hectares et progresse vers Bordeaux. Plus au sud, un autre feu touche les alentours de Biscarrosse, dans les Landes.
Un produit très encadré en France
D’après Maude Mermillon, enseignante-chercheuse en chimie à l’université de Lille, ce retardant est le seul actuellement utilisé dans le pays. Elle précise qu’un organisme accrédité par l’État teste les différents produits avant leur mise sur le marché.
La composition précise reste couverte par le secret industriel. Mais la chercheuse résume l’essentiel avec une formule simple : « On n’a pas la composition exacte ». Ce point-là compte, mais il n’empêche pas de connaître la structure générale du mélange.
De l’eau, des sels et un colorant pour le repérage
Le produit est composé en majorité d’eau, entre 80 % et 90 %. Le reste repose surtout sur des sels retardateurs de flammes, souvent des phosphates d’ammonium, aussi utilisés comme engrais fertilisants.
On y trouve aussi un colorant rouge, souvent à base d’oxyde de fer ou de pigments organiques. Son rôle n’est pas d’agir sur le feu, mais d’aider les pilotes et les équipes au sol à repérer les zones déjà traitées.
S’ajoutent des épaississants, décrits comme des gommes naturelles pour que le mélange colle mieux à la végétation, des inhibiteurs de corrosion pour protéger les équipements, et de l’argile quand l’application se fait par voie aérienne.
Comment le retardant freine les flammes
Son action est assez directe. Les sels ralentissent la combustion et favorisent la carbonisation de la végétation. En gros, le feu avance moins vite sur une zone déjà couverte.
L’adhérence du produit compte aussi. Grâce aux épaississants, le mélange reste davantage sur les plantes et sur le sol, ce qui renforce son effet dans les secteurs à protéger.
Une utilité immédiate, des limites pour l’environnement
Le produit peut affecter localement les plantes recouvertes, à cause d’un effet écran qui bloque la photosynthèse. Mais cet impact est présenté comme ponctuel, car le retardant est ensuite lessivé par la pluie puis biodégradé.
Le point le plus sensible concerne les phosphates d’ammonium. En quantité excessive, s’ils rejoignent l’eau puis les nappes phréatiques, ils peuvent provoquer une eutrophisation, c’est-à-dire une prolifération des algues. C’est justement sur ce risque que travaille l’équipe de Maude Mermillon, avec des retardants annoncés comme 100 % biodégradables et biosourcés.