En bref
- La grève du 21 septembre est maintenue
- Le débat proposé ne convainc pas
- Le pluralisme de l’audiovisuel public revient au centre
Le conflit ne retombe pas à Radio France. Réuni en assemblée générale à la mi-journée, le personnel du groupe public a décidé de maintenir la grève prévue le 21 septembre, malgré une nouvelle proposition de la direction de France Inter.
Cette journée d’arrêt de travail doit suivre deux premières mobilisations, déjà organisées les 13 et 14 septembre. Le point de crispation reste le même, l’arrivée de Charles Sapin à l’antenne de France Inter.
Une troisième journée de grève reste sur la table
Le mouvement social avait été voté mardi. Il a donc été confirmé jeudi par l’assemblée générale du personnel. Résultat, la direction n’a pas obtenu l’apaisement qu’elle cherchait.
Depuis la fin août, des syndicats contestent le recrutement de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles. Le journaliste signe depuis peu un édito politique hebdomadaire de 2 minutes 30, diffusé le dimanche vers 7h40. Deux chroniques ont déjà été diffusées.
La direction change le format, pas le fond du désaccord
Jeudi, la directrice de France Inter, Céline Pigalle, a proposé de transformer cette prise de parole en débat contradictoire. Les modalités restaient à définir. Mais l’idée n’a pas convaincu l’assemblée générale.
Selon des sources syndicales, l’objection principale ne porte pas sur le format. Elle vise d’abord Valeurs actuelles, dont la présence sur France Inter est perçue comme une forme de légitimation.
Le magazine, qui se revendique conservateur, a été condamné à plusieurs reprises par la justice. Il l’a notamment été pour injure publique à caractère raciste après avoir représenté l’élue noire de LFI, Danièle Obono, en esclave en 2020. À cette période, le titre était dirigé par Geoffroy Lejeune, parti en 2023 au Journal du dimanche.
Le recrutement de Charles Sapin concentre les critiques
Les syndicats mettent aussi en avant la présence du milliardaire Pierre-Edouard Stérin, présenté comme proche de l’extrême droite, parmi les actionnaires du magazine. C’est ce contexte qui nourrit la contestation autour de Charles Sapin.
L’intéressé a rejoint Valeurs actuelles cet été après un passage au Point. Pour la direction, son arrivée à l’antenne relève du pluralisme. C’est précisément cet argument qui se retrouve aujourd’hui au centre du conflit.
Derrière le cas Sapin, le débat plus large sur le pluralisme
Le dossier dépasse d’ailleurs France Inter. L’arrivée récente de Charles Sapin sur la chaîne franceinfo a aussi été contestée par les syndicats de France Télévisions.
Et ce n’est pas anodin. Depuis la rentrée 2025, la question du pluralisme dans l’audiovisuel public est redevenue très sensible. L’an dernier, les accusations de partialité en faveur de la gauche ont conduit l’UDR, alliée du RN, à lancer une commission d’enquête parlementaire. Le conflit à Radio France s’inscrit clairement dans cette séquence plus large.