Grève à Radio France : les raisons des perturbations de vos émissions ce jeudi

Image d'illustration. Écouteurs avec câbles audio et équipement studio sur un bureau.ADN
Ce jeudi, les auditeurs de Radio France constatent d’importantes perturbations sur leurs antennes habituelles. La mobilisation des salariés entraîne une modification de la grille des programmes, affectant la diffusion de nombreuses émissions à travers le réseau public.
Tl;dr
- Grève illimitée à Radio France contre la réforme.
- Projet de holding public examiné à l’Assemblée.
- Les syndicats dénoncent menaces sur indépendance et emplois.
Un projet de holding qui divise
En ce jeudi matin, les antennes de Radio France résonnent différemment : « Nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes habituels », ont-elles prévenu dès les premières heures.
La raison ? Une grève illimitée déclenchée par l’ensemble des syndicats, unis pour défendre non seulement leurs métiers mais aussi la singularité du service public face au projet de création d’une holding audiovisuelle publique. Derrière cette mobilisation se cache une inquiétude profonde : celle de voir diluée l’identité propre de chaque entité au profit d’une structure commune baptisée France Médias.
Le calendrier s’accélère à l’Assemblée nationale
Le dossier, plusieurs fois repoussé, revient finalement sur le devant de la scène politique. Les députés s’apprêtent à examiner, dès lundi, ce texte porté avec vigueur par la ministre de la Culture, Rachida Dati. Son objectif : réunir sous une même bannière France Télévisions, Radio France et l’Ina, toutes trois placées sous l’autorité d’un unique PDG.
Un changement structurel que la ministre assume pleinement, estimant sur les ondes de Sud Radio que « L’audiovisuel public, c’est un bien commun dont on doit rassembler les forces. Aujourd’hui, ces forces sont dispersées ». Selon elle, seule une stratégie « cohérente et coordonnée » garantirait la pérennité du secteur.
Syndicats en résistance et divisions internes
Cependant, du côté des organisations syndicales, le projet est jugé « extrêmement dangereux », tant pour l’indépendance éditoriale que pour l’avenir des salariés. Ces derniers redoutent non seulement des suppressions d’effectifs mais aussi une remise en cause profonde du modèle actuel. L’appel à la grève s’étend d’ailleurs progressivement : si le mouvement a commencé jeudi chez Radio France, il doit gagner dès lundi prochain France Télévisions et l’Ina. Un rassemblement symbolique est déjà prévu devant la Maison de la Radio et de la Musique à Paris.
Cette contestation revêt un caractère inédit : certains syndicats souhaitent marquer leur différence avec Sibyle Veil, présidente de Radio France – elle aussi opposée au projet gouvernemental – afin d’affirmer leur propre ligne dans ce bras-de-fer social.
Divers fronts pour une même cause ?
Pour mieux comprendre l’ampleur du mouvement, il faut rappeler que les revendications actuelles se déploient sur deux axes :
- Dénonciation des économies imposées (comme l’arrêt du Mouv’ sur la FM).
- S’opposer frontalement à la création du holding France Médias.
Ainsi s’articule une mobilisation aux ramifications multiples, où chaque acteur tente de défendre sa vision d’un audiovisuel public à préserver dans un contexte budgétaire sous tension.