Policier radicalisé dans les Yvelines, la piste terroriste se précise

Un policier de 35 ans a été écroué à Paris après sa mise en examen pour des faits liés au terrorisme. L’enquête doit encore préciser ses cibles.

Quartier judiciaire parisien et fourgons
Image d'illustration. À Paris, l’enquête doit préciser les cibles. — ADN

En bref

  • Un policier a été écroué à Paris
  • Il est soupçonné d’un projet terroriste
  • L’ultradroite inquiète toujours la justice

Un fonctionnaire de police de 35 ans a été mis en examen le 27 août puis placé en détention provisoire à Paris, soupçonné notamment de préparer un acte terroriste dans un contexte d’adhésion à une idéologie d’ultradroite radicale violente.

L’information a été confirmée le 17 septembre par une source judiciaire à l’AFP, après des révélations de TF1 et LCI. L’homme, policier dans les Yvelines, avait été interpellé le 23 août sur la voie publique, alors qu’il n’était pas en service.

Un policier de 35 ans placé en détention

Le juge d’instruction l’a mis en examen à Paris avant son écrou fin août 2026. À ce stade, les autorités retiennent le profil d’un agent de police présenté comme proche d’une mouvance d’ultradroite violente.

Les avocats du suspect n’avaient pas répondu jeudi soir à l’AFP. Sur le fond, l’enquête reste en cours, mais la procédure a déjà basculé sur le terrain antiterroriste, ce qui en dit long sur le niveau de gravité retenu par la justice.

Des soupçons centrés sur des armes et un projet violent

Les poursuites visent d’abord la préparation individuelle à la commission d’un acte de terrorisme. S’y ajoutent plusieurs qualifications liées aux armes, avec fabrication ou commerce sans autorisation d’armes de catégories A ou B, ainsi que détention non autorisée de ces mêmes armes, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

D’après les éléments révélés par TF1 et LCI, l’homme est soupçonné d’avoir envisagé des attaques violentes contre des intérêts de l’État. Il aurait aussi fabriqué des armes imprimées en 3D.

Autre point retenu par le juge, la provocation directe à un acte de terrorisme au moyen d’un service de communication au public en ligne. Autrement dit, des publications sur Internet entrent aussi dans le dossier.

Les investigations, confiées à un juge d’instruction le 27 août, doivent maintenant préciser l’ampleur exacte du projet criminel et identifier les cibles éventuellement envisagées. Bref, le cadre judiciaire est fixé, mais pas encore tout le scénario.

Une menace d’ultradroite suivie de près

Cette affaire s’inscrit dans une vigilance renforcée autour de l’ultradroite. En février, le Parquet national antiterroriste expliquait à l’AFP que cette menace faisait l’objet d’une attention particulière et comptait parmi les plus préoccupantes, notamment en raison de sa circulation rapide sur les réseaux sociaux et les plateformes du dark web.

À Paris, le tribunal correctionnel juge en ce moment un groupe d’ultradroite conspirationniste et séditieux dirigé par Rémy Daillet, dans le dossier de l’enlèvement de la jeune Mia au printemps 2021. Quinze personnes, âgées de 28 à 74 ans, comparaissent pendant trois semaines.

Cet été, le même tribunal a aussi jugé six sympathisants d’ultradroite radicale, âgés de 22 à 25 ans, soupçonnés d’avoir évoqué des projets violents visant notamment des juifs, des musulmans, la communauté LGBT+ et la gauche. Parmi eux figuraient deux militaires, également soupçonnés d’être mêlés à un trafic d’armes.

Et en 2025, le meurtre d’Hichem Miraoui, un Tunisien tué à Puget-sur-Argens dans le Var, avait déjà marqué un tournant, avec la mise en cause de Christophe B. et la saisine du PNAT sur fond d’idées d’ultradroite.

Jérôme Nelra

Spécialiste Faits Divers

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