En bref
- Le 15 août divise de nombreuses communes
- Le risque d’incendie pèse sur les décisions
- Maintiens, reports et annulations se multiplient
Le 15 août approche, mais dans beaucoup de villes, le traditionnel feu d’artifice n’a plus rien d’automatique. Avec la sécheresse, les sols très secs et le risque de départ de feu, les communes arbitrent parfois jusqu’au dernier moment entre maintien, report ou annulation.
Des décisions prises presque au dernier moment
Dans les Landes, le préfet Gilles Clavreul a interdit les feux d’artifice dans tout le département, avec des dérogations limitées à certains spectacles publics tirés depuis la plage ou au-dessus de l’eau. Dans le Vaucluse, cinq spectacles pyrotechniques avaient déjà été interdits fin juillet en raison d’un risque de feu de forêt jugé extrêmement élevé.
Ailleurs, les choix diffèrent. À Bourgueil, en Indre-et-Loire, le feu musical prévu le 15 août est reporté, une nouvelle date devant dépendre de l’évolution de la météo. À Arcachon, la mairie remplace le rendez-vous habituel par un spectacle de drones sur le front de mer, sur le thème de la mer.
À Saint-Mammès, des riverains contestent le maintien
À Saint-Mammès, près de Fontainebleau, une dizaine d’habitants demande au maire d’annuler ou de décaler le tir. Leur inquiétude porte sur la proximité de la zone de lancement avec un espace sensible et protégé, fermé administrativement du 28 juillet au 3 août pour risque d’incendie.
Marion Fortini, riveraine, souligne aussi la présence d’une station de fioul et d’approvisionnement de péniches à proximité. Elle juge la prise de risque déraisonnable et estime que les réponses de la mairie ne sont pas à la hauteur. Elle rappelle aussi qu’un feu d’artifice a provoqué samedi un départ de feu dans un champ de chaume en Lot-et-Garonne. Les riverains envisagent désormais une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui et un télérecours en urgence.
Une filière économique déjà fragilisée en juillet
Le débat ne se limite pas à la sécurité. Pour les communes touristiques, le feu du 15 août reste un rendez-vous attendu, avec des retombées pour les guinguettes, les terrasses, les marchés et l’économie locale. À Gruissan, dans l’Aude, la municipalité maintient ainsi un spectacle présenté comme un temps fort des festivités. Même choix à La Baule-Escoublac, en Loire-Atlantique, où le feu empêché le 14 juillet a été reporté au 15 août.
Côté professionnels, le mois de juillet a déjà laissé des traces. Bernard Deom, président du Syndicat de la pyrotechnie de spectacle et de divertissement et directeur d’Euro Bengale, indiquait que certaines entreprises avaient subi près de 80 % d’annulations. Stocks non utilisés, hôtels annulés, véhicules loués pour rien, personnel réduit, la filière a été nettement touchée.
Le débat dépasse la seule nuisance
Les opposants ne parlent plus seulement de bruit ou de pollution. Leur argument principal, c’est le risque d’incendie, au moment même où les autorités demandent d’éviter toute source d’ignition. Ils s’appuient sur les chiffres rappelés par les ministères de l’Intérieur et de la Transition écologique, selon lesquels environ neuf feux sur dix sont d’origine humaine.
À Fleury d’Aude, le feu du 15 août est annulé. Et la commune va plus loin, avec l’interdiction jusqu’au moins au 31 août des barbecues, braseros, réchauds à gaz et de tout dispositif de flamme en plein air. Le sujet, cette fois, ne tient plus seulement à la fête.