Électricité : la France profite d’un surplus et de tarifs en baisse, mais jusqu’à quand ?

La France connaît actuellement une offre d’électricité largement excédentaire, entraînant une baisse temporaire des tarifs pour les consommateurs. Mais cette situation pourrait rapidement s’inverser, faisant craindre un futur rebond marqué des prix sur le marché de l’énergie.

Station électrique
Image d'illustration. Station électrique — ADN

Tl;dr

  • Surproduction d’électricité prévue en France jusqu’en 2027.
  • Baisse attendue des prix sur nos factures.
  • L’électrification des usages, clé pour l’avenir.

Un bilan inédit : la France face à la surproduction électrique

Qui aurait parié sur un tel retournement de situation ? Trois ans après les tensions majeures sur le réseau, lorsque sécheresse, guerre en Ukraine et défaillances nucléaires avaient fait craindre des coupures, la France se retrouve désormais dans une phase de surproduction d’électricité.

Le récent bilan prévisionnel publié par RTE, couvrant la période 2025-2035, marque une rupture nette avec les années d’incertitude. L’organisme souligne aujourd’hui une capacité de production dépassant largement les besoins nationaux, une réalité qui contraste fortement avec les inquiétudes de 2022.

Factures : vers une baisse bienvenue ?

Ce surplus ouvre des perspectives plutôt favorables pour le consommateur. Selon Carine Sabi, professeure experte en énergie à l’école de management de Grenoble, ce basculement devrait « faire reculer le prix de l’électricité dans les mois à venir ».

Les chiffres avancés par RTE tablent sur un prix spot moyen oscillant entre 35 et 50 €/MWh — loin du pic à plus de 100 €/MWh observé lors des épisodes critiques. Simple logique économique : une offre supérieure à la demande tire naturellement les tarifs vers le bas.

Attention aux revers du surplus énergétique

Cependant, ce contexte ne doit pas faire oublier certaines fragilités. Une trop longue période de surcapacité pourrait, paradoxalement, se retourner contre les ménages. Le maintien d’un réseau dimensionné pour absorber un pic — alors même que la consommation stagne — entraîne des coûts fixes conséquents. D’après les projections de RTE, cette situation transitoire ne durerait que deux à trois ans si la trajectoire actuelle se poursuit.

Pour limiter ces risques, plusieurs pistes s’imposent :

  • Accélérer l’électrification des usages, notamment dans les transports.
  • Poursuivre le développement des énergies renouvelables.
  • Diversifier l’utilisation de l’électricité, comme l’installation de data centers.

L’avenir passe par la transition énergétique

L’équation est simple : augmenter la part d’usages décarbonés reste indispensable pour éviter que le surplus ne devienne coûteux et maintenir la cohérence avec les engagements européens du plan Fitfor55.

La France importe encore près de 60 % de son énergie finale, essentiellement fossile ; c’est dire si la transformation du mix énergétique est capitale. Passer aux véhicules électriques ou transférer certains usages industriels permettraient non seulement d’amortir ce moment charnière mais aussi d’inscrire durablement le pays dans une dynamique plus verte et indépendante.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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