Du dioxyde de titane, substance suspectée cancérogène, retrouvé dans la plupart des laits animaux et maternels

Image d'illustration. Câlin tendre d une mère avec son enfantADN
Des analyses récentes révèlent la présence généralisée de dioxyde de titane, une substance classée comme potentiellement cancérigène, dans de nombreux laits d’origine animale ou maternelle, soulevant des inquiétudes quant à l’exposition quotidienne des consommateurs.
Tl;dr
- Le dioxyde de titane détecté dans différents laits.
- Présence même après son interdiction alimentaire.
- L’exposition concerne bébés, mères et adultes.
Des particules interdites toujours présentes dans les laits
Malgré l’interdiction du dioxyde de titane dans l’alimentation européenne et française depuis respectivement 2020 et 2022, des traces inquiétantes de cette substance continuent d’être retrouvées dans une large gamme de produits lactés.
C’est ce que révèlent les travaux menés par des chercheurs de l’INRAE, de l’AP-HP et du CNRS, publiés ce mercredi 23 juillet 2025 dans la revue « Science of the Total Environment ».
L’omniprésence d’un cancérigène potentiel
Le dioxyde de titane, employé massivement comme colorant blanc (sous le nom E171) ou opacifiant dans des secteurs variés – des dentifrices aux crèmes solaires, en passant par les médicaments ou le maquillage –, n’a pourtant pas totalement disparu de notre quotidien.
Les scientifiques rappellent qu’il s’agit d’un composé considéré comme potentiellement cancérigène pour l’humain. Plus surprenant encore, leurs analyses mettent en évidence sa présence non seulement sous forme classique, mais aussi sous forme de nanoparticules, capables de franchir certaines barrières biologiques.
Une contamination généralisée et variable selon les individus
D’après l’étude menée à Paris et en proche banlieue, tous les types de laits ont été concernés. En effet, parmi les échantillons testés :
- 100 % des laits animaux (vache, chèvre, ânesse), bio ou conventionnels, présentaient du dioxyde de titane ;
- 83 % des laits infantiles issus du commerce (du 1er au 3e âge) également ;
- Et chez dix femmes volontaires, le lait maternel contenait lui aussi ces particules à des concentrations très variables – certaines affichaient jusqu’à quinze fois plus que d’autres.
Les quantités retrouvées oscillent entre quelques millions à près de quatre milliards de particules par litre selon le type de lait étudié. Ce constat laisse penser que la substance « peut passer la barrière de la glande mammaire ».
L’origine encore floue d’une contamination persistante
Si cette étude dessine un état des lieux préoccupant pour les nouveaux-nés, leurs mères mais aussi pour tous les consommateurs adultes, elle met surtout en lumière une question essentielle : comment expliquer une telle persistance malgré l’interdiction officielle du E171 ? Les chercheurs avancent l’hypothèse « d’une source de contamination autre qu’alimentaire », pointant vers un problème environnemental plus large. Cette recherche ouvre ainsi la voie à une meilleure évaluation toxicologique future, alors même qu’on sait déjà que ces nanoparticules traversent le placenta.
Ce panorama alerte sur la nécessité d’approfondir nos connaissances quant à « l’exposition réelle des humains et animaux à ce composé omniprésent » – alors même qu’il est désormais banni officiellement du secteur alimentaire.