Douze milliardaires détiennent à eux seuls plus de richesses que la moitié de l’humanité

Image d'illustration. Graphique de l augmentation de richesse des milliardairesADN
Un récent rapport met en lumière l’extrême concentration des richesses mondiales : douze milliardaires détiennent désormais davantage que la moitié de la population mondiale, révélant l’ampleur des inégalités économiques sur la planète.
Tl;dr
- 12 milliardaires détiennent plus que la moitié de l’humanité.
- Les ultra-riches profitent de politiques fiscales avantageuses.
- Oxfam appelle à une taxation et une régulation accrues.
Un fossé de richesses qui se creuse
Au fil des ans, la concentration de la richesse mondiale atteint des sommets sans précédent. Selon le dernier rapport publié par l’ONG Oxfam, les 12 personnes les plus riches du globe possèdent désormais davantage que la moitié la plus pauvre de l’humanité, soit près de quatre milliards d’individus. Ce constat, que l’organisation met en lumière chaque année, témoigne d’une progression fulgurante des fortunes des super-riches. En effet, jamais le monde n’avait compté autant de milliardaires : ils sont aujourd’hui plus de 3 000, cumulant une fortune totale estimée à 18 300 milliards de dollars. Fait marquant, cette richesse s’est accrue de 16,2 % en un an, soit trois fois plus rapidement qu’au cours du précédent quinquennat, tandis que la lutte contre la pauvreté connaît un net ralentissement depuis la pandémie de 2020.
L’influence grandissante des ultra-riches
Le rapport met en cause non seulement l’accumulation vertigineuse des fortunes privées, mais aussi leur impact croissant sur les sociétés et les démocraties. L’ONG Oxfam insiste sur le fait que ces ultra-riches bénéficient d’un accès privilégié aux institutions. Ils disposent également d’une capacité inquiétante à racheter médias et entreprises stratégiques. Cette emprise remet en question « sape la liberté politique et érode les droits du plus grand nombre », alerte Oxfam. Un chiffre éloquent : selon ses estimations, un individu extrêmement fortuné a plus de 4 000 fois plus de chances d’occuper un poste politique qu’un citoyen ordinaire.
Des politiques fiscales sous le feu des critiques
Les États-Unis illustrent particulièrement bien cette dérive. Les gouvernements successifs y ont mis en place des politiques fiscales avantageuses pour les grandes fortunes ; l’équipe du président Donald Trump, composée elle-même de plusieurs milliardaires, a notamment voté d’importantes réductions d’impôts avant les élections américaines de mi-mandat. À cela s’ajoute l’exonération concédée aux multinationales américaines concernant le taux minimal international d’imposition fixé à 15 %. Cette succession de mesures a, selon Oxfam, consolidé le pouvoir financier des élites mondiales.
Pistes pour rétablir l’équilibre social
Face à cette dynamique jugée préoccupante par nombre d’experts et responsables syndicaux, plusieurs pistes sont avancées :
- Taxer véritablement les grandes fortunes
- Mieux encadrer le financement politique privé
- Doter le marché du travail de protections renforcées
La secrétaire générale de la fédération syndicale internationale UNI Global Union, Christy Hoffman, plaide quant à elle pour une fiscalité nettement plus redistributive, ainsi qu’un renforcement des programmes sociaux et services publics. Elle exhorte aussi à « renforcer la structure du marché du travail, pour permettre aux travailleurs d’avoir voix au chapitre ». Face à ces constats alarmants, beaucoup espèrent que viendra enfin un sursaut politique en faveur d’une société moins inégalitaire.