Acheter en ligne coûte-t-il plus cher aux utilisateurs du tout nouvel iPhone ?

Image d'illustration. iPhone 17Apple / PR-ADN
Plusieurs études récentes s’interrogent sur l’impact du type d’appareil utilisé lors d’achats en ligne. Les possesseurs d’iPhone dernier cri paient-ils effectivement leurs produits ou services plus cher que les autres internautes ?
Tl;dr
- Les données personnelles alimentent le ciblage et la tarification dynamique.
- L’Europe encadre ces pratiques, mais les exceptions existent.
- Les prix varient peu selon l’appareil, mais les offres oui.
Une collecte massive et discrète des données
Difficile de naviguer aujourd’hui sans laisser, volontairement ou non, des traces numériques. À chaque action sur Internet – que ce soit une simple recherche, un achat ou l’installation d’une application sur smartphone –, l’utilisateur transmet une série d’informations. Marque de l’appareil, modèle précis, localisation, autonomie restante… Tout est enregistré dans d’immenses bases de données qui nourrissent ensuite des algorithmes commerciaux. L’objectif : mieux connaître les consommateurs pour affiner le ciblage publicitaire et adapter les stratégies de vente.
Tarification dynamique : mythe ou réalité en Europe ?
Parmi ces stratégies figure la « tarification dynamique », c’est-à-dire la fixation de tarifs ajustés en temps réel selon le profil du client. Sur les réseaux sociaux, la rumeur enfle : posséder un iPhone dernier cri coûterait plus cher à l’achat qu’utiliser un vieux Android. L’influenceuse tech Estherium, suivie par plus de 600 000 abonnés sur TikTok, affirme ainsi : « Si vous avez un iPhone 17, tout sera plus cher ». Pourtant, en Europe, la réglementation RGPD encadre strictement l’utilisation des données personnelles à des fins tarifaires : sans consentement explicite, cette pratique reste interdite. Or, dans les faits, beaucoup acceptent sans sourciller cookies et conditions générales.
Quand l’algorithme façonne nos prix… et nos envies
Cela étant dit, il serait exagéré d’imaginer que la possession d’un smartphone haut de gamme suffise à faire grimper automatiquement tous les prix. Pour Gwenaël Loussouarn, expert pricing chez Converteo, croiser divers critères (habitudes d’achat, géolocalisation…) rend l’analyse pertinente : « Avoir un smartphone qui coûte un SMIC n’est donc qu’un critère parmi beaucoup d’autres. » De son côté, Yannick Bouissière, spécialiste B2B et intelligence artificielle, rappelle que le tarif dynamique s’applique depuis longtemps selon la saisonnalité ou la demande – bien plus rarement sur la base de données individuelles.
Pour illustrer concrètement ce phénomène, une enquête menée récemment par la rédaction a révélé que :
- Les mêmes recherches (achat de télévision 4K, canapé ou vol Paris-New York) menées avec différents appareils (Mac récent, Samsung S26, iPhone 8) aboutissaient à des prix identiques.
- Cependant, le contenu mis en avant différait : produits haut de gamme systématiquement proposés aux utilisateurs Mac ou Samsung récent ; options entrée de gamme affichées en priorité pour l’iPhone 8.
Derrière les algorithmes : transparence et risques sociaux
Reste une part d’ombre : la transparence limitée du fonctionnement algorithmique. Sur « Signal Conso », le site du gouvernement français pointe « une opacité difficile, voire impossible à expliquer ». Au-delà des enjeux économiques se dessinent aussi des préoccupations sociales : personnaliser les prix sur la base du sexe, de l’âge ou de l’origine pourrait renforcer certaines inégalités préexistantes.
Si le fantasme du smartphone qui fait exploser les tarifs n’a pas été vérifié dans notre test, il invite néanmoins à interroger la manière dont nos données façonnent notre quotidien numérique – souvent à notre insu.