En bref
- Cry Macho, sorti en 2021 avec Clint Eastwood, a été un échec en salles, notamment à cause de sa sortie simultanée sur HBO Max.
- Le film, développé pendant des décennies, raconte le voyage de Mike Milo, ancien champion de rodéo chargé de ramener un adolescent du Mexique.
- Derrière ce road movie calme, Clint Eastwood explore la masculinité, le machisme et son propre héritage.
Cinq ans après sa sortie, le flop de Cry Macho reste un petit paradoxe. Derrière la caméra, Clint Eastwood. Devant aussi. Et malgré ce nom-là, le film n’a jamais trouvé son public en salles.
Un revers en salles malgré un nom immense
Le western est arrivé au cinéma le 17 septembre 2021, avec un handicap évident : Warner Bros. Pictures l’a lancé le même jour sur HBO Max. Ce choix a pesé, mais il ne raconte pas tout. Même sans cette sortie simultanée, Cry Macho était déjà vu comme un échec commercial probable.
Il faut dire que le film jouait une partition très calme, presque à contre-courant. Pas un western nerveux, pas un grand geste crépusculaire façon démonstration. Plutôt un récit doux, modeste, centré sur les dernières années d’un homme usé. C’est aussi, à ce jour, la plus récente apparition de Clint Eastwood à l’écran.
Un projet qui a mis des décennies à se concrétiser
L’histoire de Cry Macho commence bien avant 2021. Le film adapte un roman de 1975 signé N. Richard Nash. Au départ, l’auteur avait écrit un scénario, refusé un peu partout, avant de le transformer en livre. Le roman a marché, puis le scénario est revenu dans le circuit.
Ensuite, le projet a traîné pendant des années à Hollywood. Plusieurs acteurs ont été approchés ou ont passé leur tour, dont Clint Eastwood lui-même. En 2011, Arnold Schwarzenegger devait un temps porter le film. Cette version n’a jamais abouti, et Clint Eastwood a fini par revenir au matériau près d’une décennie plus tard pour le réaliser.
Road movie tranquille, western moins rugueux qu’attendu
Dans le film, Clint Eastwood joue Mike Milo, ancienne star du rodéo installée au Texas en 1979. Un vieil ami, Howard, lui demande de traverser le Mexique pour ramener son fils de 15 ans, Rafo, loin de sa mère Leta, présentée comme une gangster.
Le garçon fréquente déjà des combats illégaux avec son coq, Macho. Une fois Rafo monté dans le camion de Mike, le film devient surtout un dialogue au long cours entre les deux. C’est là que le titre prend son sens.
Le vrai sujet, la masculinité vue par Clint Eastwood
Le cœur du film est moins l’action que la discussion sur le machisme et ce que veut dire être macho. Rafo raconte les violences subies plus jeune, et ses échanges avec Mike mettent peu à peu à distance une certaine idée de la virilité. Vu l’image publique de Clint Eastwood, le décalage n’a rien d’anodin.
La mise en scène, elle, reste fidèle à ses habitudes, directe, rapide, sans fioritures. Ce dépouillement a refroidi une partie de la critique. D’autres y ont vu un commentaire discret sur son propre héritage. Sur RogerEbert.com, Glenn Kenny saluait ainsi des scènes « magnifiquement filmées » et sans précipitation. Pas un film pour faire du bruit, plutôt un film pour laisser une trace.