Clint Eastwood : une carrière trop tardive pour ses idoles du cinéma

Arrivé à Hollywood au moment où l’âge d’or s’éteignait, Clint Eastwood dit avoir manqué trois grands noms, avec une anecdote folle sur Howard Hawks.

Clint Eastwood
Image d'illustration. Clint Eastwood — ADN
  • Clint Eastwood arrive à Hollywood au moment où les studios perdent leur pouvoir et où les carrières deviennent plus ouvertes mais aussi plus imprévisibles.
  • Il enchaîne télévision et westerns, devenant une star au bon moment pour percer, mais trop tard pour collaborer avec plusieurs de ses cinéastes de référence.
  • Clint Eastwood évoque notamment des rendez-vous manqués avec Billy Wilder, Howard Hawks et Raoul Walsh, souvent liés à des hasards de timing ou de fin de carrière des réalisateurs.

Quand Clint Eastwood débarque dans le métier au milieu des années 1950, Hollywood change déjà de peau. L’âge d’or touche à sa fin, la télévision grimpe, les studios perdent leur emprise. Et lui arrive un peu trop tard pour croiser certains des cinéastes qu’il admirait le plus.

Un acteur lancé au mauvais moment pour croiser ses idoles

À l’époque du programme de talents d’Universal, Clint Eastwood commence à prendre des cours d’acteur pendant que le vieux système se fissure. En 1948, Paramount a perdu son bras de fer devant la Cour suprême, ce qui force les studios à vendre leurs salles. Le paysage bouge vite, et les contrats verrouillés commencent à sauter.

Lui, il incarne presque cette transition à lui tout seul. En 1955, il apparaît dans Revenge of the Creature et agace au passage le réalisateur Jack Arnold. La même année, Universal le libère de son contrat. Quatre ans plus tard, il rebondit à la télévision avec Rawhide, puis en 1964 avec des westerns révisionnistes qui accompagnent la fin d’un genre. Timing parfait pour devenir une star, moins pour travailler avec ses héros.

Les trois cinéastes qu’il aurait voulu avoir sur son CV

Dans un entretien accordé en 2007 à Philip French pour The Observer, Eastwood explique que beaucoup de ces grands noms partaient déjà à la retraite quand lui entrait dans le milieu. Il dit avoir connu socialement Billy Wilder et avoir voulu tourner avec lui. Il ajoute qu’il aurait aussi aimé travailler avec Howard Hawks et Raoul Walsh.

Il précise quand même avoir collaboré avec William Wellman sur le film de guerre Lafayette Escadrille. Pas mal, forcément, mais ce n’étaient pas les trois noms qui lui restaient en tête.

Billy Wilder, son film préféré et un rendez-vous manqué

Le cas Billy Wilder pèse un peu plus lourd que les autres. Sunset Boulevard, signé par le réalisateur de Double Indemnity, est le film préféré de Clint Eastwood. Dans Esquire, il expliquait y admirer le mélange de deux registres, celui d’une actrice du cinéma muet et celui d’un personnage plus contemporain joué par William Holden.

Pour Raoul Walsh, le lien est plus historique. Le cinéaste a beaucoup compté pour John Wayne, jusqu’à être parfois crédité pour son nom d’écran. Quand on connaît la place d’Eastwood dans le western, son respect pour Raoul Walsh raconte aussi une filiation très nette.

Howard Hawks, ou la collaboration la plus improbable de sa vie

Le plus drôle reste Howard Hawks. Dans Conversations with Clint: Paul Nelson’s Lost Interviews with Clint Eastwood, 1979-1983, Clint Eastwood raconte qu’à 17 ans, lors d’une virée depuis Oakland jusqu’à San Luis Obispo, lui et ses amis ont fini par courir après des chevaux échappés sur Sepulveda, à Westwood.

Il se souvenait avoir lancé, en français : « Mon Dieu, il faut qu’on attrape ces chevaux ». Une fois les bêtes récupérées, un homme arrive en courant pour les remercier. C’était Howard Hawks. Eastwood dira plus tard qu’il était très impressionné. Voilà leur collaboration. Elle s’arrête là.

Bien plus tard, il recroise Howard Hawks à une fête, sans que celui-ci se souvienne de l’épisode. Et il confie aussi être passé près d’un projet avec Alfred Hitchcock, mais le cinéaste britannique n’était plus en état physique de le faire. Parfois, l’histoire du cinéma tient juste à une question de calendrier.