En bref
- Midjourney rachète l’application d’astrologie Co-Star et intègre sa dirigeante Banu Guler comme responsable du design.
- L’opération vise à élargir les activités de Midjourney au-delà de l’image IA, avec une vision commune autour des outils qui explorent l’humain.
- Le défi sera de convaincre les jeunes utilisateurs de Co-Star, alors que la méfiance envers l’IA progresse.
Le move est inattendu. Midjourney, surtout connu pour ses outils de génération d’images et de vidéo par IA, rachète Co-Star, une application d’astrologie très installée chez les plus jeunes. Et ce n’est pas juste un achat de portefeuille, la patronne de Co-Star monte aussi dans l’organigramme.
Un rachat qui change le casting, pas la patronne
Midjourney a annoncé l’acquisition de Co-Star et l’arrivée de sa dirigeante, Banu Guler, au poste de Chief Design Officer. L’application restera sous le contrôle complet de Guler, a précisé l’entreprise, avec en plus les moyens de Midjourney derrière elle.
Sur le papier, Co-Star ne disparaît donc pas dans une absorption classique. C’est plutôt un adossement, avec une promesse simple, garder la même personne aux commandes tout en changeant d’échelle.
L’idée derrière l’opération, entre amitié et vision commune
Dans un message publié sur le réseau social X, Banu Guler présente l’opération comme la suite logique de son amitié avec le fondateur de Midjourney, David Holz. Elle dit partager avec lui l’idée que les ordinateurs peuvent aider à nous révéler à nous-mêmes.
Elle résume cette vision avec une formule très directe, « les ordinateurs peuvent être des outils qui nous révèlent notre humanité à nous-mêmes. Des outils qui vous montrent ce que vous voulez dire, ce que vous ressentez, ce que vous imaginez, avant même que vous puissiez l’exprimer vous-même ». Vu l’ADN introspectif d’une appli d’horoscope, le lien se tient quand même.
Midjourney sort de son couloir habituel
Le plus intéressant est peut-être ailleurs. Midjourney ne se contente plus de vendre ou licencier des outils d’IA. En juin, la société avait déjà annoncé le développement d’un scanner ultrasonique pour le corps entier et lancé une nouvelle branche baptisée Midjourney Health.
Ce rachat de Co-Star s’inscrit dans cette logique d’élargissement, même si l’association entre IA générative et astrologie peut sembler franchement étrange au premier regard. Bref, Midjourney teste des territoires très différents.
Le vrai test, convaincre les jeunes utilisateurs de Co-Star
C’est là que ça se complique. Banu Guler affirme que Co-Star a touché 35% des jeunes aux États-Unis, avec des dizaines de millions de téléchargements. Sauf que ce public pourrait être le plus difficile à rassurer après ce rachat.
D’après une enquête de Gallup publiée en avril 2026, les personnes nées entre 1997 et 2012 continuent à utiliser régulièrement l’IA générative, mais leur regard devient plus négatif. L’adhésion ou l’enthousiasme vis-à-vis de l’IA a reculé de 14 points, à 22%. L’espoir a perdu 9 points, à 18%. Et la colère a gagné 9 points, à 31%.
En clair, Midjourney récupère une appli populaire et un public massif, mais aussi une base d’utilisateurs qui regarde l’IA avec de plus en plus de réserve. C’est peut-être le vrai pari de l’opération.