En bref
- Le G7 libère jusqu’à 100 millions de barils
- Des stocks de gazole arrivent sous 20 jours
- Pas d’interdiction d’exportations entre alliés
Le prix du gazole a encore servi d’alarme. Dans l’Union européenne, le litre atteint en moyenne 2,24 euros, un record hebdomadaire, pendant que l’inflation de la zone euro monte à 3,8 %, son plus haut niveau depuis trois ans. Aux États-Unis, le gallon a touché environ 6 euros (6,53 dollars) fin septembre.
Des prix records qui poussent les dirigeants à agir
C’est dans ce contexte que les dirigeants du G7 se sont accordés, vendredi 2 octobre 2026, pour agir ensemble. La crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient alimente la hausse des carburants, avec un marché du gazole particulièrement tendu.
Les difficultés d’approvisionnement s’expliquent aussi par le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran et par les attaques ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques russes. Les raffineries ailleurs dans le monde tournent à plein régime, mais cela ne suffit pas à détendre vraiment le marché.
Ce que le G7 met sur la table
Au terme d’une visioconférence présidée par la France, Emmanuel Macron a confirmé la libération, sous coordination de l’Agence internationale de l’énergie, de jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de gazole sur quatre mois.
Le calendrier est serré. Les pays du G7 prévoient l’arrivée sur le marché de stocks jugés substantiels de gazole dans les vingt prochains jours. Ils laissent aussi la porte ouverte à des volumes supplémentaires si la situation l’exige.
Pour Emmanuel Macron, cette décision doit contribuer à faire baisser les prix des carburants. Il a aussi indiqué que les pays concernés veulent travailler sur les marges des raffineurs et sur les coûts de transport, eux aussi tirés vers le haut par la crise autour d’Ormuz.
Washington recule sur la menace des exportations
L’autre point clé de l’accord, c’est l’absence d’interdiction d’exportations entre membres du G7. Emmanuel Macron a assuré que tous les participants y étaient engagés et que Donald Trump avait été très clair sur ce point.
La séquence comptait, car Washington faisait pression sur les Européens pour qu’ils puisent dans leurs réserves. Une coupure des flux américains aurait été lourde pour l’Union européenne, puisque 50 % du gazole importé par les Vingt-Sept vient des États-Unis. La Commission européenne avait averti qu’une telle décision abîmerait la confiance envers le partenaire américain.
Plus tard, Donald Trump a assuré qu’une interdiction n’avait jamais vraiment été envisagée, alors qu’il avait récemment évoqué cette hypothèse.
Pourquoi l’effet à la pompe reste incertain
Le marché a réagi vite. À la mi-journée, à Londres, le WTI américain reculait de 5 %, signe que les opérateurs avaient anticipé ces annonces.
Mais l’effet sur les stations-service dépendra de la durée de la crise. En mars, les membres de l’AIE, dont ceux de l’Union européenne, avaient déjà promis de libérer progressivement 400 millions de barils de leurs stocks stratégiques, sans que tout soit encore arrivé sur le marché. Vendredi, les réunions se sont multipliées à Bruxelles, après un échange téléphonique dans la nuit entre Emmanuel Macron et Donald Trump. La suite se jouera là, sur la capacité des alliés à tenir une ligne commune.