En bref
- Matignon réunit syndicats et patronat lundi
- Le Smic s’impose dans les discussions
- La pression sociale monte sur les salaires
Le gouvernement veut apporter des réponses sur le pouvoir d’achat et les salaires. C’est l’objectif affiché de la conférence sociale prévue lundi à Matignon, où Sébastien Lecornu doit réunir les organisations syndicales et patronales.
Cette réunion n’arrive pas par hasard. Elle a été annoncée jeudi 5 novembre 2026, au terme d’une journée de grèves et de manifestations lancée par les syndicats dans le public comme dans le privé.
Une réunion convoquée sous pression
Autour de la table, il y aura donc les représentants des salariés et du patronat. Matignon explique que cette conférence doit répondre aux questions de salaires et de pouvoir d’achat, alors que la contestation sur la vie chère s’installe depuis plusieurs semaines.
En attendant lundi, Sébastien Lecornu a demandé au ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, de boucler d’ici dimanche les concertations engagées depuis plusieurs jours. En parallèle, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, poursuit ses échanges avec les représentants des agents de la fonction publique.
Le Smic revient au centre du débat
Le point le plus sensible, c’est le Smic. Jeudi, la CFDT et la CGT ont de nouveau réclamé une hausse marquée du salaire minimum, avec derrière une demande plus large d’augmentation des rémunérations.
Frédéric Souillot, sur BFMTV, a résumé la pression sociale en disant « Aujourd’hui vivre avec un revenu en deçà de 2000 euros, on n’y arrive pas ». Il a aussi prévenu Sébastien Lecornu que « plus on attend, plus la facture est élevée à la fin ».
Dans le détail, la CFDT demande 100 euros nets de plus sur le Smic. La CGT réclame une hausse de 10 % et l’indexation de l’ensemble des salaires sur les prix.
Branches, entreprises, fonction publique, plusieurs fronts ouverts
Le gouvernement n’écarte pas le sujet. Mardi, Jean-Pierre Farandou expliquait avoir posé avec les syndicats et le patronat les bases d’un travail incluant le Smic. Il jugeait qu’une hausse n’était pas taboue, tout en soulignant le risque possible sur l’emploi.
Mais l’exécutif regarde aussi ailleurs. Il veut des négociations dans les branches professionnelles, notamment là où les minima conventionnels restent parfois sous le Smic. Même logique dans les entreprises, avec les négociations annuelles obligatoires.
Pourquoi le sujet reste explosif
Le contexte compte. Le Smic est déjà revalorisé automatiquement en fonction de l’inflation, mais il n’a plus reçu de coup de pouce supplémentaire depuis 2012.
Et la mobilisation dépasse le seul cadre syndical. Après trois samedis de suite contre la vie chère, les appels à la grève de jeudi ont aussi été rejoints par des jeunes mobilisés depuis la mi-septembre sur leurs conditions d’études, ainsi que par des gilets jaunes. La suite se jouera donc lundi, à Matignon, avec une attente simple, des mesures concrètes.