En bref
- L’Insee abaisse les chiffres du PIB
- Les canicules frappent surtout l’agriculture
- Bercy prépare déjà l’effet sur le budget
Les chiffres bougent peu en apparence. Mais pour la France, le signal est net, la croissance ralentit plus tôt et plus fortement qu’attendu sous l’effet d’un été marqué par les canicules et la sécheresse.
Des chiffres corrigés dans le mauvais sens
Vendredi, l’Insee a revu à la baisse le PIB du premier trimestre, désormais estimé à -0,2 %, contre -0,1 % auparavant. Le deuxième trimestre est lui aussi corrigé, à 0,00 %, alors qu’il était jusque-là donné à +0,2 %.
Ce n’est pas un simple ajustement technique. Quand deux trimestres sont retouchés de cette façon, la lecture de l’année change. On passe d’une économie qui résistait un peu à une activité quasiment à l’arrêt au printemps, après un début d’année déjà plus faible qu’annoncé.
L’agriculture en première ligne après l’été
L’Insee explique cette révision par la prise en compte d’une situation encore plus dégradée pour la production agricole que ce qui ressortait des informations disponibles fin juillet.
C’est là que le lien avec la météo devient concret. Les épisodes répétés de forte chaleur, ajoutés au manque d’eau, ne restent plus cantonnés aux champs. Ils finissent par remonter dans les comptes nationaux.
Lors des Universités d’été de l’économie de demain, organisées par Impact France, Roland Lescure a parlé du premier impact concret de l’été vécu en France. Le ministre de l’Economie a aussi jugé cet effet énorme. Selon lui, les récoltes vont sans doute être extrêmement difficiles dans un certain nombre de régions et dans plusieurs secteurs.
Un signal pour le prochain budget
Pour Roland Lescure, la correction ne s’arrête pas aux deux premiers trimestres. Il a précisé que, une fois ces informations intégrées, la révision touche déjà le début et le milieu de l’année, et qu’elle aura aussi un effet sur le troisième trimestre.
Autrement dit, l’impact économique des canicules n’est plus une hypothèse pour plus tard. Il entre dans les prévisions maintenant.
Bercy compte d’ailleurs intégrer cet impact macroéconomique, encore en cours d’évaluation, dans ses prévisions pour le prochain budget. C’est sans doute le point le plus important à suivre. Car derrière la baisse des récoltes, il n’y a pas seulement une mauvaise saison agricole. Il y a un déplacement plus large, celui d’un climat qui commence à peser directement sur les arbitrages économiques de l’Etat.