En 2024, la hausse des dépenses publiques en France portée par le poids des retraites

Image d'illustration. Répartition du budget de la franceADN
En 2024, la France a enregistré une nette augmentation de ses dépenses publiques, un phénomène principalement attribué à la hausse des coûts liés au financement des retraites, qui pèsent lourdement sur le budget de l’État cette année.
Tl;dr
- Dépenses publiques en hausse, inflation persistante.
- Revalorisation des pensions et salaires impacte fortement le budget.
- Santé et protection sociale restent postes principaux.
Inflation et hausse record des dépenses publiques
Le paysage budgétaire français connaît, en 2024, un nouveau tournant. Selon les chiffres dévoilés ce jeudi par l’Insee, les dépenses publiques se sont élevées à 1.672 milliards d’euros, soit une progression de 4,0 % sur un an. Cette hausse dépasse celle du PIB en valeur, limitée à +3,3 %. Un écart qui témoigne de l’impact durable de l’inflation sur la gestion des finances publiques.
Pensions revalorisées et coût du service public
Une part significative – 23 milliards sur les 64 milliards d’euros de dépenses supplémentaires par rapport à 2023 – provient de la revalorisation des pensions de retraite. Après une inflation annuelle de 4,9 % en 2023, la revalorisation de base atteignait déjà 5,3 % dès janvier dernier. L’Insee précise que l’inflation n’a pas seulement dopé ces prestations : le point d’indice des fonctionnaires a, lui aussi, été augmenté, pesant sur les salaires publics. Par ailleurs, comme le souligne la note officielle, cette flambée des prix « a renchéri le coût des achats des administrations ».
Santé et protection sociale : priorité confirmée
Dans ce contexte, les priorités budgétaires demeurent inchangées. La protection sociale absorbe toujours la plus grande part des moyens avec 693 milliards d’euros (soit 41 % du total). Viennent ensuite les dépenses de santé : elles atteignent désormais 261 milliards d’euros (16 %), progressant de 11 milliards (+4,6 %) principalement sous l’effet d’une augmentation des rémunérations hospitalières et d’un bond des remboursements par l’Assurance Maladie. Les services généraux ne sont pas en reste avec 181 milliards dépensés (11 %), dont une facture d’intérêts de la dette publique augmentée de sept milliards.
L’enseignement évolue modérément dans le temps
Si l’on s’attarde sur l’enseignement, il enregistre également une croissance notable – sept milliards supplémentaires (+5,0 %), concentrée presque exclusivement sur les rémunérations (+6 milliards). Sur une décennie (2014-2024), certains équilibres évoluent toutefois : la santé gagne 1,3 point dans le budget global tandis que la défense progresse de 0,4 point. À l’inverse, la protection sociale et l’enseignement reculent respectivement de 0,5 et 0,2 point.
Malgré quelques glissements internes entre postes budgétaires, la dynamique générale reste dominée par les effets persistants de l’inflation et la nécessité d’adapter les grands équilibres sociaux.