Chaque année, la France recense plus de 400 000 cancers, dont près de la moitié pourraient être évités

Image d'illustration. Un lit d'hôpital.ADN
Chaque année, la France recense plus de 400 000 diagnostics de cancer. Près d’un cas sur deux pourrait toutefois être prévenu, soulignant le poids des facteurs de risque évitables dans l’apparition de la maladie.
Tl;dr
- Près de 40 % des cancers sont évitables.
- Le tabac reste la principale cause identifiée.
- Hommes plus touchés que femmes selon l’étude.
Une nouvelle estimation mondiale sur les cancers évitables
La lutte contre le cancer se heurte à un constat saisissant : près de quatre nouveaux cas sur dix pourraient être évités, révèle une étude publiée le 3 février 2026 par le Circ, l’agence contre le cancer de l’Organisation mondiale de la Santé. Ce travail, relayé dans la revue Nature, s’appuie sur les chiffres de l’année 2022 et éclaire sous un nouveau jour l’impact des comportements et expositions modifiables sur la santé mondiale.
Des facteurs de risque clairement identifiés
L’équipe scientifique a scruté les données issues de 185 pays pour examiner pas moins de trente facteurs à risque. Si l’on connaît déjà les classiques – tabagisme, alcool, pollution atmosphérique – certains éléments s’ajoutent désormais à la liste, comme neuf infections cancérigènes majeures. Les chercheurs distinguent ainsi plusieurs causes principales :
- Tabac
- Infections
- Alcool
- Indice de masse corporelle élevé
- Inactivité physique
- Pollution de l’air
- Rayons ultraviolets
Parmi toutes, le tabac se démarque, responsable à lui seul de 15 % des nouveaux cas. À sa suite figurent les infections (10 %) et la consommation d’alcool (3 %). Il convient également de noter que cette analyse affine les résultats précédents de l’OMS, qui évaluait surtout la mortalité sans prendre pleinement en compte certains agents infectieux.
Cancers du poumon, estomac et col de l’utérus au cœur du problème
En y regardant de plus près, trois groupes de cancers concentrent presque la moitié des cas évitables chez les deux sexes : le poumon (lié principalement au tabagisme et à la pollution), l’estomac (souvent attribué à Helicobacter pylori) et le col de l’utérus (majoritairement dû au papillomavirus humain). Cette répartition n’est cependant pas homogène. Par exemple, alors que chez les hommes le tabagisme pèse pour environ 23 % des nouveaux diagnostics mondiaux, il ne représente que 6 % chez les femmes – pour lesquelles les infections restent prédominantes.
Inégalités selon le sexe et la région du globe
Les disparités régionales comme celles entre hommes et femmes ressortent nettement. En France, en 2023, on estime à 433 000 le nombre total de nouveaux cas. Au niveau mondial, la proportion des cancers évitables atteint jusqu’à 45 % chez les hommes contre seulement 30 % chez les femmes. Ce taux varie aussi en fonction des continents : en Afrique subsaharienne ou en Asie orientale, le fardeau est particulièrement lourd.
Si ces chiffres interpellent, ils réaffirment surtout un enjeu : renforcer partout une politique ambitieuse de prévention autour des principaux facteurs identifiés. Une nécessité qui demeure d’autant plus urgente à la veille de la Journée mondiale contre le cancer.