Canicule : le ventilateur peut coûter plus que prévu la nuit

En période de canicule, laisser un ventilateur tourner sans personne dans la pièce ajoute des euros inutiles à la facture. Le vrai enjeu, c’est l’usage.

Scène de chambre confortable avec un ventilateur tournant silencieusement, rideaux flottant doucement dans la brise.
Image d'illustration. Chambre confortable avec ventilateur — ADN
  • Un ventilateur ne baisse pas la température
  • Le laisser tourner vide coûte pour rien
  • La minuterie limite vite la facture

On a vite fait de confondre sensation de fraîcheur et baisse réelle de température. C’est pourtant tout le sujet pendant la canicule : un ventilateur peut soulager, sans refroidir la pièce où il tourne.

Le ventilateur soulage, mais ne refroidit pas la pièce

Selon Météo-France, on parle de canicule quand des seuils de chaleur sont dépassés pendant au moins trois jours et trois nuits. Dans ce contexte, beaucoup laissent leur appareil fonctionner en continu, surtout la nuit.

Mais un ventilateur ne fait que brasser l’air ambiant. Contrairement à un climatiseur mobile, il n’évacue pas la chaleur vers l’extérieur. Son effet repose sur le refroidissement éolien : le flux d’air accélère l’évaporation de la transpiration et améliore les échanges de chaleur entre le corps et l’air. Résultat, vous avez plus frais, alors que la température de la pièce, elle, ne bouge pas.

Et si l’appareil tourne dans un salon vide pendant que vous dormez ailleurs, il ne sert plus à grand-chose. Son moteur ajoute même un peu de chaleur dans la pièce.

Des centimes la nuit, puis des euros sur un mois

Un ventilateur sur pied classique consomme entre 40 et 60 watts. À 50 W, une nuit de 8 heures représente 0,40 kWh, soit environ 8 centimes avec le tarif réglementé de vente fixé depuis le 1ᵉʳ février 2026 à 0,1940 euro TTC par kWh par la Commission de régulation de l’énergie, la CRE.

Pris seul, ce montant paraît faible. Mais sur 24 heures, le même appareil atteint 1,2 kWh, soit environ 0,23 euro. D’après les calculs de Selectra, un mois de canicule avec un seul ventilateur allumé en continu approche 7 euros. Avec deux appareils, on monte à près de 14 euros. Avec trois, on dépasse 20 euros.

La canicule fait grimper la demande électrique

Ce réflexe individuel s’inscrit dans un mouvement plus large. RTE observe que la climatisation fait grimper la consommation électrique de 700 à 1 100 MW par degré supplémentaire.

Le ventilateur reste malgré tout bien moins gourmand qu’un climatiseur mobile, qui peut consommer 20 à 30 fois plus. Bon, cela n’efface pas le problème de l’usage inutile, surtout quand plusieurs appareils restent en marche dans des pièces inoccupées.

Les gestes qui évitent de payer pour rien

L’ADEME situe la consommation annuelle moyenne d’un ventilateur autour de 8 kWh, soit environ 1,55 euro au tarif réglementé, quand il n’est pas laissé tourner pour rien.

Quelques gestes suffisent : l’éteindre dès qu’une pièce est vide, programmer une minuterie ou une prise connectée pour la nuit, et ne l’utiliser que quand on se trouve dans son flux d’air. Sirenergies rappelle aussi qu’un ventilateur de plafond bien dimensionné peut brasser l’air d’une pièce entière avec une consommation jusqu’à cinquante fois inférieure à celle d’un climatiseur. Derrière quelques centimes, il y a donc une logique simple : en période de forte chaleur, le vrai confort dépend moins de l’appareil que de la façon dont on s’en sert.