En bref
- Bruno Le Maire propose une fédération de six pays.
- Le bloc viserait économie, frontières et finance.
- Chaque État garderait sa souveraineté nationale.
Quand une Union européenne à 27 est jugée trop lourde, l’idée n’est plus d’élargir, mais de resserrer. C’est le pari de Bruno Le Maire, qui veut réunir six pays dans une même structure économique et politique, plus intégrée, sans aller jusqu’à effacer les États.
Un noyau dur pour aller plus vite
Dans son projet, l’ancien ministre de l’Économie imagine une fédération regroupant les six principales économies du continent. Il cite la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et la Pologne.
L’idée tient en peu de mots, mais elle est lourde de sens. Ce groupe formerait un noyau plus resserré que l’actuelle Union européenne, avec ses propres règles communes, une Constitution spécifique et même une capitale dédiée.
Ce choix dit quelque chose du diagnostic posé par Bruno Le Maire. Pour lui, le cadre européen actuel est trop technocratique pour agir efficacement.
Ce que cette fédération ferait concrètement
Le projet ne supprimerait pas les États. Chaque pays conserverait sa souveraineté nationale. Mais, sur plusieurs sujets majeurs, les six membres fonctionneraient ensemble comme un seul État.
Cela viserait d’abord les politiques économiques, cœur de la proposition. Le même principe s’appliquerait aussi au contrôle des frontières et aux marchés financiers.
En gros, on resterait avec six capitales nationales, mais avec une capacité d’action commune sur des dossiers où la coordination est aujourd’hui plus éclatée. C’est là que se situe le vrai enjeu du texte, bien plus que dans le mot fusion lui-même.
Une idée lancée dans un moment politique précis
Cette proposition apparaît dans Manifeste pour une autre France, le livre dans lequel Bruno Le Maire expose ses idées à huit mois de l’élection présidentielle de 2027.
Son point de départ est double. D’un côté, il estime que l’économie de la France s’est affaiblie. De l’autre, il considère que l’Union européenne à 27 ne permet plus d’avancer avec assez de clarté ni de rapidité.
Bref, ce n’est pas seulement une idée institutionnelle. C’est aussi une lecture du rapport de force en Europe, avec un message simple, bâtir un bloc plus compact entre grands pays pour peser davantage. Reste qu’une telle proposition déplace le débat européen sur un terrain très concret, celui de savoir jusqu’où des États acceptent d’agir ensemble sans cesser d’être eux-mêmes.