Au nom de l’égalité, le Conseil constitutionnel confère l’aide juridictionnelle aux étrangers en situation irrégulière

La loi prévoit déjà l'assistance juridique pour les étrangers dans le contexte des prud'hommes et du droit civil, mais seulement si leur résidence habituelle est en France. Que se passe-t-il si ce n'est pas le cas ?

Illustration de la Justice.
Illustration de la Justice. — ADN

Tl;dr

  • Le Conseil constitutionnel autorise l’aide juridictionnelle pour les étrangers en situation irrégulière.
  • Cette décision repose sur le principe d’égalité devant la justice.
  • La condition précédente de résidence habituelle a été jugée contraire à ce principe.
  • L’aide juridictionnelle s’applique déjà en matière pénale et des droits des étrangers.

Une avancée pour les droits des étrangers

Une avancée majeure pour les droits des étrangers a été prononcée récemment par le Conseil constitutionnel.

Il a décrété que les étrangers en situation irrégulière ont désormais droit à l’aide juridictionnelle, c’est-à-dire à la prise en charge par l’Etat des frais de justice. Cette décision cruciale, publiée mercredi 29 mai, s’applique même devant le Conseil des prud’hommes et devant la justice civile.

Un jugement fondé sur le principe d’égalité

Cette décision des Sages souligne l’importance du principe d’égalité devant la justice. Selon le communiqué du Conseil constitutionnel, la privation du bénéfice de l’aide juridictionnelle pour ces individus contreviendrait ce principe en limitant leurs garanties juridiques par rapport au reste des justiciables.

Contestation et satisfaction

Cette mesure a été contestée par l’avocat Xavier Courteille, qui a lancé la procédure devant le Conseil. Pour lui, la condition antérieure de résidence habituelle en France était « contraire au principe d’égalité devant la justice ». M. Courteille a exprimé sa satisfaction devant cette décision, qu’il qualifie de « fin d’une hypocrisie ».

Un pas vers une égalité juridictionnelle

Il est à noter que cette aide s’applique déjà en matière pénale et des droits des étrangers pour les non-Français.

Le Conseil constitutionnel insiste que tout en tenant compte de la particularité de la situation des étrangers, notamment de la régularité de leur séjour, il est impératif de respecter les droits et libertés garantis par la Constitution à tous les résidents sur le territoire.

Il cite spécifiquement le principe d’égalité devant la justice. Il rappelle aussi la proclamation de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, selon laquelle la loi « doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ».

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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