Arrêts maladie : des milliers de médecins rappelés à l’ordre
Parce qu'ils ont prescrit "trop" d'arrêts maladie ces derniers mois, des médecins ont reçu un courrier d'avertissement de la part de l'Assurance maladie.
En 10 ans, le nombre d’arrêts maladie prescrit a bondi de plus de 30 % selon les chiffres dévoilés par le ministère de l’Économie. Si certains y voient une hausse de la pénibilité au travail, le gouvernement de son côté estime que cette augmentation est également imputable à un trop grand nombre d’arrêts de complaisance.
Pour lutter contre ce phénomène, l’Assurance maladie a lancé une vaste campagne de contrôle menant à des rappels à l’ordre contre des médecins « gros prescripteurs ». Les arrêts de travail émis en téléconsultation sont notamment pointés du doigt.
2 % des médecins concernés
De 6,4 millions en 2012, le nombre d’arrêts maladie est donc passé à 8,8 millions en 2022. Si une crise sanitaire est passée par là, certains médecins dégaineraient trop facilement l’arrêt de travail. Bruno Le Maire veut donc limiter le phénomène et a demandé à l’Assurance Maladie de mener l’enquête.
Des courriers d’avertissement ont d’ores et déjà été transmis aux médecins qui prescrivent bien plus que la moyenne. Auprès de France Info, le directeur de l’Assurance maladie précise que cela concerne environ un millier de praticiens, soit 2 % de la profession.
Jusqu’à 4 fois plus d’arrêts prescrits
Ce dernier indique que les médecins concernés par ces rappels à l’ordre prescrivent entre 2 et 4 fois plus d’arrêts que la moyenne nationale par patient.
Les médecins concernés recevront des visites de l’Assurance maladie dans leur cabinet pour rappeler les bonnes pratiques en matière d’arrêt de travail. 5000 d’entre eux seront convoqués à des entretiens pour leur faire changer leurs habitudes de prescription.
Les syndicats en colère
Du côté des syndicats des médecins et notamment de MG France, cette campagne ressemble à de « l’intimidation » envers les praticiens et un glissement vers une « mise sous objectif ». Ils pensent également que l’État prend le problème à l’envers et qu’avant de se pencher sur le cas des médecins, il devrait d’abord faire l’inventaire des entreprises les plus concernées par les arrêts maladie.
Le ministère de l’Économie et des Finances espère bien de son côté récupérer 10 milliards d’euros d’argent public grâce à ce « coup de pression » sur les médecins.