Alcool : 10 verres par semaine feraient perdre deux ans d’espérance de vie
Selon une étude scientifique récemment publiée, boire régulièrement dix verres d'alcool par semaine ferait perdre deux ans d'espérance de vie. Dans le même temps, des médecins et militants contre l'alcoolisme dressent une liste de mesures pour lutter contre ce fléau.
D’après cette étude publiée il y a peu dans la revue scientifique The Lancet, boire régulièrement dix verres d’alcool par semaine ou deux pintes de bière ferait perdre deux ans d’espérance de vie. Ce qui représente quinze minutes de perdues pour chaque verre consommé après le cinquième.
D’alarmantes observations auxquelles viennent s’ajouter cette liste de mesures, diffusée lundi, visant à lutter contre l’alcoolisme. Parmi ces signataires, qui comptent militants contre le fléau et médecins, Amine Benyamina, professeur de psychiatrie à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif.
Consommation d’alcool : le seuil sanitaire dépassé « et de loin » selon un médecin
Le médecin, cité par L’Obs, confirme les conclusions de l’enquête de The Lancet : « Oui, au-delà de 5 à 6 verres par semaine, l’alcool rogne votre espérance de vie. Une seconde étude vous dira peut-être qu’il s’agit de 4 à 5 verres et une troisième de 6 à 7 verres. Mais ce qui est sûr, c’est qu’en France les recommandations du ministère de la Santé dépassent de loin le seuil sanitaire. Cette étude prouve ce que nous disons depuis plusieurs années. »
Le docteur Benyamina ajoute que la nature de l’alcool consommé n’entre pas en ligne de compte : « La qualité de l’alcool n’a aucune incidence sur l’effet néfaste qu’il a sur la santé. Ce qui fait la différence, c’est la quantité qu’ingère le buveur. Mais aussi sa corpulence, la fréquence à laquelle il consomme ou encore l’environnement dans lequel il est quand il boit. »
Le président Macron (encore une fois) désavoué
On se rappellera que fin février, en marge d’une rencontre avec des agriculteurs, le président Macron avait tenu ces propos à la presse régionale : « Il y a un fléau de santé publique quand la jeunesse se soûle à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n’est pas avec le vin. »
À cette époque, des médecins avaient notamment répliqué à cette affirmation par le constat que, « vu du foie, le vin est bien de l’alcool ». Et notre psychiatre d’y répondre une nouvelle fois, comme pour remettre plus encore le vin au même niveau que les autres alcools : « Non seulement 43% de la ‘jeunesse’ dont il parle se ‘soûle’ aux produits locaux : donc au vin et au champagne. Mais en plus, l’idée selon laquelle le vin serait moins mauvais pour la santé que la bière ou la vodka est totalement fausse. »