En bref
- Un repère mondial est fixé pour les 3-5 ans
- La médiane observée approche 18 000 pas quotidiens
- Le cadre doit guider recherche et santé publique
Jusqu’ici, on savait mesurer l’activité des jeunes enfants pays par pays, mais pas la situer à l’échelle du monde. C’est ce que change une étude pilotée par l’Université de Séville, publiée dans The Lancet Child et Adolescent Health, avec un premier cadre international sur les pas quotidiens des enfants de 3 à 5 ans.
Un repère qui manquait encore
Le travail mené par Jesús del Pozo-Cruz et Rosa María Alfonso-Rosa fixe, pour la première fois, des valeurs de référence internationales. L’idée est simple: lire l’activité physique des tout-petits un peu comme on lit déjà une courbe de croissance pour le poids ou la taille.
L’étude repose sur des mesures objectives, recueillies avec des accéléromètres, selon un protocole commun. Résultat, un même langage statistique peut enfin être utilisé d’un pays à l’autre pendant la période préscolaire.
Près de 18 000 pas, avec de vrais écarts
Les chercheurs ont analysé les données de 3 570 enfants issus de 44 pays, répartis dans six régions du monde et couvrant tous les niveaux de revenus définis par la Banque mondiale. La médiane observée s’établit autour de 18 000 pas par jour.
Mais ce chiffre ne raconte pas tout. Les enfants vivant en zone rurale sont plus actifs que ceux des espaces urbains. Autre écart relevé, les pays à revenu faible ou intermédiaire affichent globalement davantage de pas quotidiens que les pays à revenu élevé.
Pourquoi ces écarts comptent
L’intérêt de l’étude tient aussi là. Elle montre que des différences apparaissent très tôt, ce qui souligne le poids du contexte social, économique et culturel sur l’activité physique dès les premières années.
Jesús del Pozo-Cruz explique qu’il n’existait pas jusqu’à présent de modèle international permettant de savoir si un enfant était plus ou moins actif que d’autres du même âge selon les pays. Selon lui, ce travail fournit désormais ce cadre et ouvre la voie à de futurs systèmes de surveillance internationale de l’activité physique infantile.
Une recherche appelée à se prolonger
Cette publication s’inscrit dans une collaboration lancée lors d’un séjour de recherche à l’University of Wollongong, en Australie, financé par le programme de recualification du ministère des Universités avec des fonds NextGenerationEU. L’établissement australien coordonne le projet international Sunrise, soutenu par l’Organisation mondiale de la santé.
Pour l’Université de Séville, ce résultat consolide aussi les travaux du groupe EPAFit et son rôle dans Sunrise España. Et la suite est déjà prévue: le projet LIFE on Holidays Andalucía, financé pour 2026-2029 par la Junta de Andalucía, doit suivre dans le temps l’effet des vacances sur l’activité physique, la cognition, les résultats scolaires, les habiletés motrices et les modes de vie d’enfants andalous de 3 à 5 ans.
Bref, on passe d’une photo mondiale des comportements à une question plus large, et nettement plus utile: comment ces habitudes de mouvement pèsent-elles sur le développement de l’enfant avec le temps ?