- L’UE supprime l’essentiel des taxes américaines
- Les droits américains sont plafonnés à 15 %
- Le vote n’efface pas la méfiance
Le texte fixe une trêve douanière, plus qu’une réconciliation. Dans les faits, l’Union européenne retire les droits de douane appliqués sur la plupart des produits industriels et agricoles venant des États-Unis. En échange, les taxes décidées l’an dernier par Donald Trump sur les importations européennes restent en place, mais avec un plafond à 15 %.
Ce que l’accord change vraiment sur les taxes
L’engagement remonte à l’été dernier, lors d’un rendez-vous à Turnberry, en Écosse. C’est ce compromis que le Parlement européen a validé mardi à Strasbourg.
Pour les entreprises concernées, le signal est assez simple. Côté européen, la majorité des produits américains visés jusqu’ici par des droits de douane sortent du champ. Côté américain, les surtaxes frappant les biens venus d’Europe ne disparaissent pas, mais elles ne pourront pas dépasser ce seuil de 15 %. Pas de grand basculement, donc, plutôt un cadre plus lisible.
Un vote large, mais loin d’un blanc-seing
Le vote a été net, avec 440 voix pour, 151 contre et 50 abstentions. Sur le papier, l’accord passe largement. Mais ce soutien ne veut pas dire que les eurodéputés ont avalé le texte sans discuter.
Plusieurs garde-fous ont été ajoutés pendant les négociations parlementaires. Une partie des élus jugeait l’accord conclu par Bruxelles trop déséquilibré, avec des concessions européennes plus visibles que les contreparties américaines.
Pourquoi la méfiance envers Trump reste intacte
C’est là que le contexte compte. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, les relations avec l’UE ont accumulé les frictions.
Les eurodéputés ont en tête plusieurs épisodes récents, les menaces d’annexion du Groenland, les attaques répétées contre les règles européennes sur le numérique et l’environnement, la sanction prise contre l’ancien commissaire Thierry Breton, mais aussi les taxes punitives sur l’automobile et l’acier. Bref, même validé, cet accord ne règle pas le climat politique.
Le dossier fiscal français, nouveau point de pression
La suite pourrait d’ailleurs se jouer ailleurs que dans ce texte. À son arrivée au sommet du G7, Donald Trump a menacé de frapper le vin français avec de nouveaux droits de douane si Paris ne retire pas sa taxe de 3 % sur les revenus réalisés en France par les entreprises technologiques.
Sont visés, entre autres, Amazon, Apple, Facebook et Alphabet, la maison mère de Google. Ce vote du Parlement européen apporte donc une forme d’accalmie commerciale. Mais on voit déjà sa limite, la pression américaine sur la fiscalité et les règles européennes, elle, continue.