À Marseille, la gratuité des transports vacille pour seniors

À Marseille, la gratuité des transports pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans pourrait disparaître. La mesure ne s’appliquerait pas avant 2027.

Senior au portique du metro RTM
Image d'illustration. La gratuite RTM des seniors pourrait cesser. — ADN

En bref

  • Marseille cherche 25 millions d’euros d’économies
  • La gratuité seniors et enfants est menacée
  • La décision ne s’appliquerait pas avant 2027

À Marseille, rien ne changerait tout de suite pour les voyageurs. Mais le cap est posé, 25 millions d’euros d’économies sont réclamés au réseau de transport, et la gratuité accordée aux seniors comme aux plus jeunes fait désormais partie des options sérieusement étudiées.

Une économie de 25 millions d’euros qui change la donne

Le dossier part d’une demande de la préfecture dans le cadre du budget de la métropole Aix-Marseille-Provence. Le préfet Jacques Witkowski exige un effort immédiat de 25 millions d’euros. Le conseil d’administration a déjà validé un retour d’urgence de 5,7 millions d’euros vers la collectivité, mais il reste encore 19 millions d’euros à trouver.

À la tête de la Régie des transports métropolitains, Samia Ghali conteste ce poids financier. Selon franceinfo, elle estime que l’opérateur principal supporte une part trop lourde des sacrifices demandés.

La gratuité pour seniors et enfants directement menacée

C’est la mesure la plus sensible. La direction regarde la fin de la gratuité totale du réseau pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans. Cette aide, mise en place à la rentrée 2025, représente près de 10 millions d’euros pour les finances de l’exploitant.

Si les élus validaient cette suppression, elle ne s’appliquerait pas avant septembre 2027. Autrement dit, le débat est ouvert maintenant, mais ses effets concrets seraient différés.

Hausse des tickets, abonnements et nouvelles recettes à l’étude

La régie ne limite pas ses pistes à la gratuité. Une hausse du ticket à l’unité et des abonnements mensuels est aussi envisagée. En parallèle, la RTM veut renforcer la lutte contre la fraude, avec l’idée de récupérer des recettes sans toucher uniquement aux tarifs.

Autre mesure prévue, un pass estival à environ 9 euros (10 euros) pour les jeunes doit être voté le 24 juin. Le signal est clair, chaque levier de revenu est regardé de près.

La contestation monte, d’autres solutions restent sur la table

Une centaine de manifestants se sont réunis devant la préfecture. Les syndicats et les usagers redoutent une mesure qui pèserait sur des retraités dont la pension moyenne est souvent inférieure à 1 000 euros dans les Bouches-du-Rhône. Pour la CGT, une baisse de mobilité pourrait accentuer l’isolement et la précarité.

La présidence de la régie avance donc une autre piste, une tarification solidaire calculée selon les revenus des foyers, avec une logique de quotient familial plutôt qu’une gratuité universelle. Et ce n’est pas tout. La métropole regarde aussi le versement mobilité, cette taxe payée par les entreprises de plus de onze salariés. Si son plafond était relevé, une partie de l’effort pourrait être déplacée vers les employeurs. Bon, derrière ce débat tarifaire, c’est surtout une question plus large qui apparaît, qui doit financer la mobilité du quotidien dans une grande métropole sous tension budgétaire ?