En bref
- Anna Possi travaille encore à 101 ans.
- Son bar ouvre tous les jours, de 7h à 19h.
- Elle relie longévité et contact humain.
À Nebbiuno, le Bar Centrale est devenu plus qu’un café. C’est un repère. Et à 101 ans, Anna Possi continue d’en tenir le comptoir, comme elle le fait depuis des décennies dans ce village du Piémont, au-dessus du lac Majeur.
Un bar resté au centre du village
Ouvert le 1er mai 1958 par Anna Possi et son mari, l’établissement a traversé les époques sans se transformer en décor. La patronne, souvent présentée comme la barista la plus âgée d’Italie, y sert encore cafés et cappuccinos. Sa carrière, elle, avait commencé juste après la Seconde Guerre mondiale, dans les restaurants de ses oncles.
Depuis, son histoire a dépassé le cadre du village. Des habitués viennent pour leur café, des touristes pour la rencontrer. Sa fille Cristina explique qu’après la mort de son mari en 1974, elle a consacré sa vie à sa famille et à son bar.
Une routine que peu suivraient
Le rythme impressionne quand même. Le bar ouvre 365 jours par an, de 7h à 19h, et Anna Possi reste à la manœuvre. Elle ne se contente pas de servir, elle assure aussi la plupart des tâches du quotidien, jusqu’à couper le bois pour alimenter un petit poêle.
En face, Cristina, qui travaille à la mairie, lui donne parfois un coup de main. Mais le pilier, c’est toujours elle. Cette discipline n’a rien d’anecdotique, elle structure ses journées et, visiblement, sa vitalité aussi.
Le vrai moteur, ce sont les autres
Pour Anna Possi, le secret n’a rien de mystérieux. Elle le résume ainsi : « Je ne veux pas être mélancolique. Je veux vivre, être parmi les gens ». En gros, le contact humain passe avant tout.
Chaque matin, elle consulte les actualités et la bourse sur son ordinateur. Dans le bar, elle a aussi installé un coin lecture. Et le dimanche, elle prépare une tarte aux pommes maison. Son conseil aux plus jeunes tient en une phrase : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez jamais à regretter vos journées ».
Un lieu qui a changé sans perdre son âme
Dans les années 1960 et 1970, le Bar Centrale était le cœur animé du village. Anna Possi se souvient que les gens y venaient pour se retrouver, danser et partager des moments ensemble. Le jukebox et le baby-foot ont disparu, le décor a vieilli, mais sans perdre sa chaleur.
Aujourd’hui, pas de boissons pensées pour les réseaux sociaux. On vient pour un espresso, pour parler un peu, pour voir un lieu resté fidèle à lui-même. Et c’est sans doute là que cette histoire dépasse le simple fait divers, dans un quotidien de travail et de présence qui raconte aussi une autre idée du lien social.