Entre hantavirus et Covid-19, qui continue vraiment d’acheter des masques chirurgicaux ?

Image d'illustration. Gros plan d un masque hygiénique jetableADN
Alors que la menace du Covid-19 persiste et que des cas de hantavirus émergent, la question de l’utilisation des masques chirurgicaux se pose à nouveau. Qui continue d’en acheter malgré la baisse de vigilance et le retour à une vie normale ?
Tl;dr
- La production de masques reste centrée sur le secteur médical.
- Medicom peut tripler sa production en cas de crise.
- Le grand public conserve l’habitude d’acheter des masques.
L’industrie du masque entre vigilance et retour à la normale
Dans le sillage du Covid-19, acheter un masque chirurgical en pharmacie s’est banalisé pour de nombreux Français. Pourtant, il y a seulement six ans, cette pratique n’avait rien d’évident : seule une clientèle professionnelle y avait accès. Une pharmacienne installée à Angers se remémore : « C’est simple, je n’en avais jamais acheté à destination de mes clients ». Depuis, la dynamique a changé, mais pas seulement sous l’impulsion des particuliers.
L’État anticipe face au hantavirus
À une trentaine de minutes d’Angers, le groupe Medicom, spécialiste majeur des équipements à usage unique, garde un œil attentif sur les fluctuations du marché. Dès les premiers échos concernant le hantavirus, début mai, l’État a sollicité l’entreprise : « L’État nous a demandé si nous pouvions augmenter rapidement nos capacités de production en cas de besoin », explique Benoit Guillet, directeur marketing du site.
Avec la mémoire récente de la pandémie, les autorités cherchent désormais à prévenir plutôt qu’à guérir. Selon ce responsable, l’objectif serait d’éviter les pénuries nationales vécues en 2020.
La répartition de la production : priorité au secteur médical
Mais qu’en est-il réellement du volume destiné au grand public ? Hors période de crise, plus de la moitié des masques produits par Medicom — chirurgicaux ou FFP — approvisionnent essentiellement les établissements médicaux : hôpitaux, professionnels de santé, cabinets dentaires… Le reste alimente principalement des secteurs industriels tels que les sciences, l’hygiène ou encore l’agroalimentaire. Seule une fraction bien moindre concerne les pharmacies et commerces ouverts aux particuliers.
Pour rendre compte de cette distribution :
- Secteur médical : plus de 50% des masques produits.
- Secteurs industriels et pharmaceutique : deuxième poste majeur.
- Grand public via pharmacies et commerces : minoritaire.
Méfiance tempérée chez les pharmaciens et consommateurs
Après la flambée provoquée par le Covid-19 — où la production quotidienne bondissait jusqu’à trois millions d’unités — l’activité est aujourd’hui revenue à la normale chez Medicom. Toutefois, le groupe reste prêt à réactiver ses chaînes et mobiliser ses effectifs en cas d’urgence sanitaire : « Aucune psychose n’est à avoir actuellement ; notre production n’a pas été relancée avec le hantavirus ».
Côté pharmacie, on observe que si le port du masque s’inscrit désormais dans certains réflexes individuels — notamment en présence de personnes vulnérables ou lors d’un malaise — l’achat demeure bien moins fréquent qu’en pleine pandémie. Pour autant, selon une donnée relayée par France Inter, la demande aurait quadruplé en une semaine sous l’effet des premières inquiétudes liées au hantavirus. Entre vigilance accrue et retour progressif aux habitudes pré-pandémiques, le marché du masque navigue donc prudemment entre deux eaux.