2025 : une année mitigée pour les cinémas français sur fond de recul du marché

Image d'illustration. Film cinémaADN
En 2025, les cinémas français ont enregistré une fréquentation inférieure aux années précédentes, marquant un ralentissement notable du marché. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance qui suscite inquiétudes et interrogations dans le secteur.
Tl;dr
- Fréquentation des cinémas en forte baisse en 2025.
- Succès de « Zootopie 2 » et « Avatar 3 ».
- Optimisme pour une reprise en 2026.
Des salles de cinéma à la peine en 2025
Le constat est sans appel : la fréquentation des salles de cinéma françaises a reculé en 2025. D’après les chiffres dévoilés par le Centre national du cinéma (CNC), seulement 157 millions d’entrées ont été enregistrées, loin derrière les 181 millions atteints en 2024. À y regarder de plus près, il faut remonter aux années 2000 pour retrouver un tel niveau, bien qu’on reste encore au-dessus du marasme des années 1980 et leurs tristes records négatifs.
L’année des occasions manquées
Pourquoi cette désaffection ? Plusieurs causes s’entremêlent. En premier lieu, le manque de véritables locomotives côté productions françaises : aucun film hexagonal n’a su fédérer comme avaient pu le faire, un an plus tôt, Le Comte de Monte-Cristo ou Un p’tit truc en plus. Du côté américain non plus, peu d’étincelles. Même les blockbusters tels que Mission : Impossible n’ont pas su tirer leur épingle du jeu, avec seulement 2,5 millions d’entrées.
Néanmoins, tout n’a pas été morose. Quelques œuvres dites d’art et essai, à l’image de L’Étranger signé François Ozon ou de La femme la plus riche du monde, ont réussi à trouver leur public – ce dernier dépassant même le million de spectateurs.
Lueur d’espoir grâce aux mastodontes américains
Alors que l’année semblait s’enliser dans la morosité, deux blockbusters signés Disney, sortis en fin d’exercice, ont réveillé le marché. En quatre semaines à peine, Zootopie 2 a conquis pas moins de 6,2 millions de spectateurs, devenant le film le plus vu de l’année. Quant à Avatar 3, il approche déjà les performances historiques des deux premiers volets avec ses 4,6 millions d’entrées.
Ces succès inattendus redonnent du souffle au secteur : sur la semaine du 17 au 24 décembre, on observe même une hausse spectaculaire de fréquentation – +30 % par rapport à l’an passé selon Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF).
Vers un rebond attendu en 2026 ?
Faut-il craindre une vague de fermetures ? Pas vraiment. Selon le CNC et la FNCF, le nombre d’établissements ayant baissé rideau n’a pas augmenté par rapport à l’an dernier. L’octroi exceptionnel d’avances sur trésorerie a permis à environ soixante-dix cinémas sur les quelque deux mille deux cents existants de traverser cette période difficile.
Pourtant, c’est surtout vers l’avenir que se tournent tous les regards. Une programmation jugée beaucoup plus dense dès février – citons notamment Marsupilami ou Les Légendaires – devrait dynamiser la fréquentation. Surtout, décembre pourrait voir surgir un nouvel événement majeur baptisé « Dunesday » : la sortie simultanée attendue des blockbusters Dune : troisième partie et Avengers : Doomsday promet déjà d’attirer les foules et d’offrir au secteur cette bouffée d’oxygène tant espérée.