Le liminal horror s’impose comme nouvelle tendance de l’horreur

Image d'illustration. Exit 8AOI Promotion Story / PR-ADN
Un genre qui transforme les espaces du quotidien en sources d’angoisse psychologique.
Tl;dr
- Le liminal horror est un nouveau courant d’horreur psychologique qui joue sur des espaces familiers mais dérangeants, entre nostalgie et malaise.
- Il s’inspire de lieux « intermédiaires » (couloirs, parkings, gares vides) et de tendances internet comme Backrooms, Weirdcore ou Dreamcore, très populaires auprès des jeunes générations.
- En pleine expansion avec des adaptations comme Backrooms ou Exit 8, ce genre pourrait durablement influencer le cinéma d’horreur en exploitant la peur des souvenirs et du familier déformé.
Quand l’angoisse prend racine dans les espaces intermédiaires
Ces dernières années, une nouvelle forme d’horreur psychologique s’est imposée, brouillant les frontières entre nostalgie, malaise et esthétique virale : le liminal horror. Ce courant singulier ne cesse de gagner du terrain, en particulier avec des titres attendus tels que Backrooms produit par A24, ou encore Exit 8, adaptation cinématographique d’un jeu vidéo japonais. Mais d’où vient cette fascination pour ces endroits étrangement familiers, empreints d’une inquiétante étrangeté ?
Aux confins du familier et de l’inquiétant
Le terme « liminalité », issu du latin « Limen » signifiant « seuil », désigne cet état transitoire – qu’il soit psychologique ou physique – où l’on se situe entre deux réalités. Les espaces concernés ? Quais de gare déserts, couloirs d’hôtels interminables, parkings vides… Tous servent de décors à une esthétique née sur Internet, s’inspirant d’images partagées massivement au cours des années 2010. C’est justement sur ce terreau que la série web Backrooms, réalisée par le jeune prodige des effets spéciaux Kane Parsons, a rencontré un succès fulgurant dès 2022.
D’une génération à l’autre : la nostalgie revisitée
Derrière le liminal horror, on retrouve aussi un rapport trouble à la mémoire collective. Des styles voisins tels que Weirdcore ou Dreamcore, tous issus de la sphère numérique, témoignent d’une même envie chez les millennials, puis la génération Z, de retrouver des souvenirs jamais vécus, ce phénomène baptisé anemoia. La mélancolie se double alors d’une inquiétude sourde : ces environnements anodins deviennent étranges, parfois hostiles. Des films récents comme Skinamarink ou I Saw the TV Glow capturent à merveille cette tension.
Pour mieux cerner cette tendance qui monte, il suffit de relever quelques éléments récurrents :
- Espaces quotidiens désertés et éclairages jaunâtres troublants.
- Images granuleuses évoquant des souvenirs flous.
- Présence subtile mais persistante du danger.
L’avenir du liminal horror au cinéma
Avec la sortie imminente de Backrooms, dont la première bande-annonce promet déjà une fidélité remarquable à l’esprit originel, ce sous-genre s’apprête à franchir un nouveau cap. D’autant que le jeu vidéo japonais à l’origine de The Exit 8 avait déjà prouvé son efficacité auprès des amateurs du genre grâce à son univers anxiogène et son exploration des passages souterrains sans fin.
Plus qu’une mode passagère, le liminal horror pourrait bien marquer durablement les prochaines décennies du cinéma fantastique et d’horreur, en jouant toujours plus habilement avec nos propres souvenirs… ou ceux que l’on croyait avoir oubliés.