Plus de 1 000 stars d’Hollywood s’opposent au rachat de Warner Bros par Paramount

Image d'illustration. Vue en perspective du walk of fame de hollywoodADN
Jane Fonda, Joaquin Phoenix, Denis Villeneuve, Emma Thompson... Quand plus de mille personnalités d'Hollywood signent une lettre ouverte, ça ne passe pas inaperçu. Et leur cible, c'est précisément la fusion Warner-Paramount qui va remodeler l'industrie du cinéma mondial.
Une mobilisation sans précédent contre la concentration des studios
Le 14 avril 2026, une coalition de plus de 1 000 professionnels du secteur a publié une lettre ouverte appelant les régulateurs à examiner attentivement le projet de rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance. Parmi les signataires : Jane Fonda, Mark Ruffalo, Ben Stiller, Joaquin Phoenix, Emma Thompson, Kristen Stewart, le réalisateur JJ Abrams et le Français Bertrand Bonello.
Le texte est sans ambiguïté : « Cette transaction consoliderait davantage un paysage médiatique déjà très concentré et réduirait la concurrence. » Ce mouvement est inédit par son ampleur. Jamais autant de personnalités n’avaient pris position publiquement contre une fusion de studios, avec en toile de fond l’avenir des films en streaming accessibles au grand public.
Les vraies craintes de l’industrie cinématographique
Derrière la prise de position publique, les craintes sont précises. La fusion porterait le nombre de grands studios américains à seulement quatre. Résultat attendu selon les signataires : moins de films indépendants, moins d’opportunités pour les créateurs, moins d’emplois dans l’ensemble de l’écosystème de production.
« Des coûts plus élevés et moins de choix pour les publics aux États-Unis et dans le monde entier », précise la lettre. Ce n’est pas un argument abstrait : chaque consolidation de studio a historiquement entraîné une réduction du nombre de films de budget intermédiaire qui permettent aux nouveaux talents d’émerger et aux histoires originales d’être racontées. Les scénaristes et techniciens craignent également un impact direct sur l’emploi, déjà fragilisé par plusieurs années de grèves et de restructurations.
La réponse de Paramount Skydance : engagement sur la production
Face à la fronde, Paramount Skydance maintient sa ligne. Le groupe s’engage à produire un minimum de 30 longs métrages par an, tous distribués en salle, avec une fenêtre minimum de 45 jours avant la VOD. « Nous avons été clairs dans nos engagements à augmenter la production », a précisé le groupe.
David Ellison a insisté sur l’objectif : créer « un groupe de médias et de divertissement de nouvelle génération » capable de rivaliser avec les géants du streaming. Ces arguments laissent les opposants sceptiques, pour eux, une logique purement financière finit toujours par primer sur la créativité artistique. Et les précédents donnent raison à leur prudence.
Un examen réglementaire international s’ouvre
La contestation artistique se double d’une procédure réglementaire. Au Royaume-Uni, la CMA (Competition and Markets Authority) a annoncé l’ouverture d’une enquête de phase 1. Une invitation à commentaires a été publiée avec une date limite fixée au 27 avril 2026. En Europe, des questions similaires commencent à être soulevées par les autorités de la concurrence.
Cette étape ne préjuge pas de la décision finale, mais elle montre que le dossier ne sera pas traité comme une simple transaction ordinaire. Aux États-Unis, la question du contrôle antitrust reste également ouverte, d’autant que Paramount Skydance entretient une certaine proximité avec l’administration Trump.