En bref
- Un régime pauvre en protéines a aidé des souris âgées
- La méthionine a permis de préserver la masse maigre
- Aucune application humaine n’est validée à ce stade
On associe souvent bien vieillir à une idée simple, manger plus de protéines. L’étude publiée dans Cell Metabolism raconte autre chose. Chez des souris âgées, c’est un équilibre très précis entre faible apport protéique et quantité contrôlée de méthionine qui a produit les effets les plus nets.
Pas plus de protéines, mais un dosage plus fin
Le régime mis au point à l’University of Southern California n’avait rien d’un menu classique. Il était pauvre en protéines, avec une quantité ajustée de méthionine, un acide aminé essentiel présent notamment dans la viande, le poisson, les œufs, les produits laitiers, les légumineuses, les noix et les graines.
Les chercheurs précisent qu’il s’inspire d’une logique méditerranéenne, sans être un régime méditerranéen au sens habituel. Sa base reposait surtout sur des protéines de poisson et d’origine végétale, avec des niveaux d’acides aminés étroitement contrôlés. Un premier prototype avait fait maigrir les animaux trop vite. D’où ce réglage plus fin.
Chez des souris âgées, moins de graisse sans perte musculaire
L’équipe a suivi des souris de 20 mois, un âge comparable au début de la soixantaine chez l’humain. Elles ont été réparties entre quatre régimes, standard, occidental riche en sucres et en graisses, cétogène pauvre en glucides, et ce régime expérimental.
Résultat, les souris du groupe expérimental ont perdu de la graisse tout en conservant leur masse maigre. Elles présentaient aussi moins de fragilité et un meilleur contrôle de la glycémie, alors même qu’elles pouvaient manger à volonté. Chez les femelles, la durée de vie a été un peu plus longue que sous régime occidental, mais pas de façon significative face au régime standard. Le bénéfice le plus clair porte donc sur l’espérance de vie en bonne santé, pas sur la longévité brute.
Une mécanique hormonale jugée indispensable
Pour Maura Fanti, première autrice de l’étude à l’USC Leonard Davis School of Gerontology, il s’agit moins d’une privation que d’une « reprogrammation métabolique ciblée ».
Le régime a augmenté l’hormone de croissance, le GLP-1 et surtout le FGF21, tout en abaissant l’IGF-1. Selon la chercheuse, cette combinaison oriente l’organisme vers la combustion des graisses, tandis que la méthionine aide à préserver le tissu maigre. Pour vérifier le rôle du FGF21, l’équipe a refait une partie des tests sur des souris incapables d’en produire. Cette fois, pas de perte de graisse marquée, et une résistance à l’insuline est apparue.
Pourquoi ces résultats ne valent pas encore pour nous
Les auteurs insistent quand même sur un point, ces données ne justifient ni supplément de méthionine ni restriction protéique chez l’humain. Dès que le niveau de méthionine augmentait davantage, les bénéfices disparaissaient.
En parallèle, plus de 200 000 dossiers alimentaires et de santé ont été examinés. Les personnes déclarant les apports les plus élevés en protéines animales présentaient plus souvent une obésité, et le diabète de type 2 y était presque deux fois plus fréquent que dans le groupe aux apports les plus faibles. Mais cette analyse était transversale, donc incapable d’établir une causalité. Valter Longo, auteur principal, estime que des essais cliniques randomisés restent nécessaires. Il recommande, sur la base des données existantes, environ 0,37 gramme de protéines par livre de poids corporel, avec au moins la moitié issue de sources végétales, et un peu plus chez les personnes âgées selon les besoins. Reste un point de vigilance, Valter Longo détient un intérêt dans L-Nutra, et plusieurs auteurs sont liés à des brevets sur ces approches alimentaires.