Vaccination : une étude observe un bénéfice au-delà de l’infection

Une étude menée chez la souris suggère qu’une infection virale aiguë peut laisser des traces immunitaires durables. La vaccination préalable les a évitées.

Gros plan d un sérum vaccinal dans un flacon en verre avec une seringue
Image d'illustration. Gros plan d un sérum vaccinal dans un flacon en verre avec une seringue — ADN

En bref

  • Des souris guéries restaient immunitairement fragiles
  • La rate montrait une fibrose après l’infection
  • La vaccination préalable a évité ces effets

On pense souvent qu’une infection virale aiguë se referme une fois la fièvre tombée et les symptômes passés. L’étude dirigée par le Laboratori de Biologia de la Infecció de l’Universitat Pompeu Fabra raconte autre chose, au moins chez la souris. Après une guérison apparente, les animaux gardaient un système immunitaire perturbé pendant longtemps.

Publiés dans Cell Death et Disease, ces travaux menés sur des souris décrivent des conséquences qui persistent au-delà du moment où le virus est encore détectable. C’est tout l’intérêt du résultat: il ne porte pas seulement sur l’infection elle-même, mais sur ce qu’elle peut laisser derrière elle.

Après la guérison, le système immunitaire ne revient pas forcément à la normale

Les chercheurs ont observé qu’une fois remis d’une infection virale aiguë, les animaux traversaient une longue période de réponse immunitaire compromise. En clair, leur organisme pouvait être moins efficace face à de nouveaux défis ensuite.

Le professeur et chercheur Icrea à l’Universitat Pompeu Fabra, Andreas Meyerhans, qui a dirigé l’étude, résume assez bien le décalage entre perception et réalité. Selon lui, on considère souvent qu’une infection virale aiguë est un épisode relativement mineur et transitoire, puis que le corps a récupéré une fois le virus contrôlé et les symptômes dissipés. Mais, ajoute-t-il, cette vision pourrait sous-estimer des conséquences qui ne sont pas immédiatement visibles.

La rate montre des traces physiques de cette perturbation

Ce point est important, parce que l’équipe ne parle pas seulement d’un affaiblissement abstrait. Les scientifiques ont aussi vu une modification nette de l’architecture de la rate chez les souris rétablies.

Le tissu avait développé une fibrose. Et l’organisation, comme la localisation des cellules immunitaires, étaient altérées. Autrement dit, la réponse mise en place pour contrôler puis éliminer le virus laisse elle-même un coût biologique. Pas spectaculaire à l’œil nu, mais potentiellement lourd pour la suite.

La vaccination préalable a empêché ces effets à long terme

L’autre versant de l’étude tient là. Une vaccination réalisée avant l’infection a empêché ces conséquences jugées délétères par les chercheurs. Elle a aussi permis de préserver la fonction immunitaire des animaux.

Pour l’équipe de l’Universitat Pompeu Fabra, cela élargit la compréhension des bénéfices de la vaccination. Il ne s’agirait donc pas seulement de réduire le risque d’infection, mais aussi de limiter certaines séquelles immunitaires tardives.

La suite des travaux est déjà dessinée. Les chercheurs veulent désormais savoir s’il existe une manière de prévenir ces effets de long terme, qui peuvent persister après la phase où le virus reste détectable. Ce n’est encore qu’un résultat obtenu chez la souris, mais il déplace un peu le regard: la fin des symptômes n’est pas forcément la fin de l’histoire.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

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