Une alimentation riche en graisses favoriserait la cancérisation des cellules hépatiques

Image d'illustration. Alimentation repas familleADN
Une étude menée par le MIT révèle qu’une alimentation riche en graisses favorise la transformation des cellules du foie en cellules cancéreuses, mettant ainsi en lumière le lien préoccupant entre excès de lipides dans l’alimentation et risque accru de cancer hépatique.
Tl;dr
- Régime riche en graisses favorise le cancer du foie.
- Altération génétique des cellules hépatiques observée chez la souris.
- Processus chez l’humain estimé sur plusieurs décennies.
Une étude du MIT alerte sur les dangers d’une alimentation trop grasse
Les chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) viennent de publier de nouvelles données qui pourraient bien rebattre les cartes dans la compréhension des risques liés à l’alimentation. Menée sous la direction d’Alex K. Shalek, figure de proue de l’Institute for Medical Engineering and Sciences, l’équipe s’est penchée sur les effets à long terme d’un régime riche en graisses sur le foie.
L’expérimentation animale révèle des mutations cellulaires inquiétantes
Pour cerner ce phénomène, des souris ont été soumises à un régime gras tandis que leurs cellules hépatiques étaient analysées grâce au séquençage ARN unicellulaire à différentes étapes. Au fil du temps, les résultats sont sans appel : pratiquement tous les animaux développent un cancer du foie. Plus précisément, l’étude met en lumière une activation de certains gènes permettant aux cellules de mieux supporter le stress environnemental, quitte à devenir plus résistantes à l’apoptose et enclines à la prolifération – deux marqueurs clés d’un potentiel tumoral accru. Parallèlement, on observe une désactivation progressive des gènes essentiels au bon fonctionnement des hépatocytes, comme ceux impliqués dans le métabolisme ou la production de protéines sécrétées.
Des conséquences qui s’étendent bien au-delà des souris
Selon les scientifiques, chez l’humain, ce processus pathologique prendrait environ vingt ans pour aboutir – durée variable selon les habitudes alimentaires et d’autres facteurs aggravants (consommation d’alcool ou infections virales notamment). Le terme technique employé ici, la stéatose hépatique, désigne cette accumulation anormale de lipides dans le foie. Les complications ne s’arrêtent pas là : inflammation chronique, cirrhose puis potentiellement insuffisance hépatique constituent autant d’étapes vers le développement du cancer.
L’alimentation sous surveillance : quels enseignements tirer ?
Cette découverte souligne, une fois encore, combien nos choix alimentaires quotidiens ne sont jamais anodins. Les experts insistent ainsi sur plusieurs points :
- L’excès de graisses expose à une chaîne de réactions délétères.
- L’inflammation chronique du foie ouvre la voie aux maladies graves.
- L’interaction avec d’autres facteurs de risque, tels qu’alcool ou virus, accentue encore le danger.
Derrière ces constatations scientifiques pointe une réalité concrète : si changer ses habitudes peut sembler contraignant, limiter durablement sa consommation de graisses représente sans doute l’une des armes les plus simples contre un risque silencieux mais bien réel.