Près de Gliwice, quatre tombes relancent le mystère des « vampires »

Quatre squelettes décapités ont été retrouvés près de Gliwice, en Pologne. Une découverte rare, qui renvoie à de vieilles peurs très ancrées dans le monde slave.

Quatre tombes dans un cimetière à Gliwice
Image d'illustration. Quatre tombes relancent un mystère à Gliwice. — ADN

En bref

  • Quatre squelettes décapités retrouvés près de Gliwice
  • Les tombes remonteraient au XVIe siècle
  • Le geste évoque les peurs liées au vampirisme

Avant même la date exacte ou l’identité des morts, cette découverte raconte une chose simple, et assez saisissante, la peur. Dans les pays slaves, très croyants, le vampirisme n’était pas un folklore léger. Il était pris au sérieux, au point de conduire à des rites funéraires destinés à empêcher un retour d’outre-tombe.

Une découverte qui renvoie à une peur très ancienne

Quand une personne était soupçonnée d’être un vampire, la décapitation pouvait servir de protection. Le but était clair, empêcher le mort de revenir parmi les vivants. Ce que les archéologues ont mis au jour près de Gliwice, dans le sud de la Pologne, s’inscrit justement dans cette logique.

Quatre corps, une même mise en terre troublante

Le tombeau découvert contenait quatre squelettes. Tous présentent le même traitement, les corps ont été décapités, puis chaque tête a été déposée sur les jambes. Le détail frappe, parce qu’il ne ressemble pas à une sépulture ordinaire et qu’il dessine un geste répété, presque méthodique.

Les chercheurs estiment que ces enterrements remontent aux environs du XVIe siècle. Ce n’est d’ailleurs pas une première dans cette partie de la Pologne, où d’autres sépultures de supposés vampires avaient déjà été repérées par le passé.

Des réponses encore bloquées par le manque d’indices

Mais la découverte laisse aussi beaucoup d’angles morts. Aucun bijou ni vêtement n’a été retrouvé dans les tombes. Résultat, les archéologues manquent d’éléments pour en savoir plus sur les personnes enterrées et pour préciser la date de ces funérailles.

C’est le contraste le plus net ici. Le geste funéraire, lui, paraît spectaculaire et lisible. L’identité des morts, en revanche, reste floue.

D’autres tombes du même type avaient déjà été retrouvées

La dernière découverte de corps considérés comme des vampires remontait à 2012, à Sozopol, en Bulgarie. Les archéologues y avaient mis au jour des restes humains vieux de 700 ans, avec une tige de fer plantée dans le coeur.

Et ce n’est pas le seul cas mentionné. D’autres corps ont été retrouvés sans coeur. Une femme datant du XVIe siècle avait aussi été mise au jour avec une brique dans la bouche. En gros, les méthodes variaient, mais l’idée restait la même, neutraliser le mort.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi parle-t-on de « vampires » dans cette affaire ?

Le mot renvoie ici à une croyance ancienne, pas à une preuve scientifique. Les corps sont qualifiés ainsi parce que leur traitement funéraire correspond à des pratiques destinées, dans le monde slave, à empêcher le retour supposé d’un mort dangereux.

Pourquoi la tête a-t-elle été placée sur les jambes ?

Le texte disponible ne donne pas d’explication plus précise que la volonté d’empêcher un retour d’outre-tombe. La décapitation, suivie de ce déplacement de la tête, semble donc relever d’un rituel de protection lié à cette peur.

Peut-on identifier les personnes enterrées ?

Pas pour l’instant. L’absence de vêtements et de bijoux prive les chercheurs d’indices utiles sur le statut social, l’époque exacte ou même certains éléments d’identification des défunts.

Cette découverte est-elle unique en Europe de l’Est ?

Non. Le cas de Sozopol, en Bulgarie, et d’autres sépultures déjà retrouvées montrent que ce type de pratiques a laissé plusieurs traces dans la région, avec des variantes comme la tige de fer, l’absence de coeur ou la brique placée dans la bouche.

Lucie Dorothé

Spécialiste Insolite

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