En bref
- Un juge bloque l’arc pendant deux semaines
- Le projet dépasse 76 mètres de haut
- Les recours visent aussi son financement
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump multiplie les chantiers à Washington. Cette fois, la justice a freiné net. Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 novembre, un juge fédéral a suspendu pour deux semaines la construction de l’arc monumental voulu par le président américain.
Un chantier arrêté juste avant de démarrer
La juge de district Tanya Chutkan a décidé que l’administration Trump ne pouvait pas lancer les travaux pendant quinze jours, le temps d’examiner plusieurs requêtes sur la légalité du projet. La décision tombe au moment où le pouvoir exécutif comptait démarrer immédiatement, à condition qu’aucune intervention judiciaire de dernière minute ne survienne.
Le blocage est donc provisoire. Mais il empêche, au moins pour l’instant, l’ouverture d’un chantier qui paraissait imminent.
Un monument hors norme au cœur d’un site sensible
Le projet prévoit une arche de plus de 76 mètres de haut. C’est nettement plus que l’Arc de triomphe de Paris, auquel il emprunte son inspiration, avec une hauteur d’environ 50 mètres.
Surtout, son emplacement crispe. L’édifice doit être construit près du cimetière militaire d’Arlington, à l’autre extrémité du pont menant au Lincoln Memorial. Par ses dimensions, il masquerait la perspective entre ces deux lieux très symboliques. C’est l’un des points centraux de la contestation.
Feu vert politique, contestation massive
Quelques heures avant la décision du tribunal, la Commission nationale de planification de la capitale avait approuvé le projet par huit voix contre quatre. Les quatre membres opposés avaient tenté, sans succès, d’obtenir un report du vote, en mettant en avant des obstacles juridiques et l’absence d’approbation budgétaire du Congrès.
En face, l’opposition a été large. Plus d’une centaine d’intervenants, parmi lesquels des élus, des architectes et d’anciens combattants, ont rejeté l’arche. Le député démocrate Jared Huffman a demandé à la commission de repousser un projet qui, selon lui, « déshonorerait l’Amérique, nos idéaux et nos lois ».
Des vétérans de la guerre du Vietnam ont aussi saisi la justice contre cette construction.
Le dossier s’ajoute à d’autres projets de Trump
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série. Donald Trump veut marquer durablement Washington de son empreinte architecturale, quitte à déclencher recours sur recours.
Parmi les dossiers déjà engagés figurent une vaste salle de bal à la Maison Blanche, construite au prix de la destruction d’une aile entière de la résidence présidentielle, une salle de spectacles au Kennedy Center sur laquelle il réclame l’apposition de son nom, et un nouveau parcours de golf en bordure du Potomac, lancé malgré un contentieux en cours. Jeudi, il a aussi signé un texte classant le Bureau ovale comme monument historique.